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Éditorial

Renforcer les institutions régaliennes de l’État

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Les mécanismes de réflexion intellectuelle et/ou de coopération multilatérale qui prétendent déterminer et même bâtir l’avenir des peuples à partir des données subjectives participent d’une formule assez questionnable . Ils sont symptomatiques d’une lecture plutôt erronée des préoccupations profondes des populations. C’est sur la base de cette considération objective qu’il faut interroger les recommandations du Fonds monétaire international (FMI) au gouvernement selon lesquelles tout appui financier est désormais conditionné par l’augmentation des prix du carburant et l’urgence de combler le déficit budgétaire que ne peuvent d’ailleurs compenser les incitations fiscales susceptibles de permettre à l’Etat d’assumer ses responsabilités sociales.

Les mécanismes de réflexion intellectuelle et/ou de coopération multilatérale qui prétendent déterminer et même bâtir l’avenir des peuples à partir des données subjectives participent d’une formule assez questionnable . Ils sont symptomatiques d’une lecture plutôt erronée des préoccupations profondes des populations. C’est sur la base de cette considération objective qu’il faut interroger les recommandations du Fonds monétaire international (FMI) au gouvernement selon lesquelles tout appui financier est désormais conditionné par l’augmentation des prix du carburant et l’urgence de combler le déficit budgétaire que ne peuvent d’ailleurs compenser les incitations fiscales susceptibles de permettre à l’Etat d’assumer ses responsabilités sociales.En effet, la détérioration des conditions de vie de la population n’a pas permis aux acteurs internationaux de s’inventer une sortie de scène sans porter atteinte de toute évidence à ses revendications légitimes. C’est une forme de colonisation à distance pour le moins scandaleuse, révoltante qui détruit les valeurs de notre société et nie littéralement ses aspirations profondes.L’ambassadeur américain Kenneth Merten, conscient assurément de cette réalité, a appelé de ses voeux l’application rationnelle par le gouvernement des recommandations du FMI impliquant la suspension de la subvention des produits pétroliers par l’Etat haitien et l’augmentation progressive des prix du carburant. Lors d’un entretien avec Jacquelin Bélizaire diffusé sur la Voix de l’Amérique, le sous-secrétaire adjoint au Département d’Etat a déploré les évènements survenus les 6 et 7 juillet 2018. Il a passé au crible le mode sur lequel ont été exécutées les recommandations du FMI, plutôt que de privilégier une option mesurée. Verbe clair et idées précises, le diplomate américain parait avoir une parfaite connaissance de la réalité socio-politique nationale mieux que ceux qui avaient soutenu le communiqué jugé suicidaire par la grande masse des citoyens. Le vibrato de sa voix a été celui d’un diplomate conscient de la nécessité pour le gouvernement haitien d’améliorer les conditions de vie de la population en adoptant étape par étape les options économiques que lui impose le baromètre social.Kenneth Merten a stigmatisé à sa manière la surenchère politique de ceux qui n’ont pas cherché le paratonnerre en se confondant en quelque sorte avec la foudre qu’un simple sondage suffirait d’avance à en déterminer la trame ou à en indexer le non-sens. Ce n’est pas sans risque énorme qu’on entreprend de (sur)taxer l’extrême pauvreté. Les images de pillages et de casses largement partagées sur les réseaux sociaux et reproduites à dessein sur les TV étrangères sont devenues et continueront pendant longtemps de constituer un symbole de honte nationale, voire un élément de blocage des efforts visant à renforcer le tourisme et à encourager les investissements nationaux et étrangers.Les évènements des 6 et 7 juillet 2018 ce n’est pas une banale histoire des ordres et désordres du processus démocratique. Loin s’en faut. Il n’en faut pas plus au prochain gouvernement pour prévenir le pire en inscrivant ses actions dans la logique d’une meilleure gouvernance. Ainsi va la société haitienne: il ne se produit aucun émeute, aucun soulèvement populaire, expression d’un ras-le-bol des masses rurales et urbaines sans causes réelles et profondes.Dans un pays soumis à un flux toujours croissant de mouvements revendicatifs complexes, à l’instabilité politique, à la corruption, à l’insécurité, chacun des phénomènes fâcheux que l’on dénonce - chômage de masse, pauvreté-a une cause qu’il est facile de comprendre. Les masses modernes selon Hannah Arendt sont avides d’idéologie suceptible d’aboutir à une conclusion apparemment logique et fondée en droit.Certains chercheurs en psychologie sociale se sont interrogés à juste titre sur la personnalité des manifestants qu’un secrétaire d’Etat étiquette injustement de “casseurs professionnels”. Erreur. Retrouvent-il les mêmes traits de caractère chez tous? La parenté entre les raisonnements des parano et les émeutiers dont la fureur a été vite comprise par le président de la République est à relever: même caractère obsessionnel, même acharnement à exprimer leurs frustrations, même compréhension des failles de certains argumentaires officiels mais aussi refus de dénoncer à demi-mot l’amateurisme des politiques publiques stériles et trompeuses. Un examen rapide mais sans concession de notre système politique actuel démontre qu’il n’intègre pas de principes de bonne gouvernance pour peu que veuillent survivre et se renforcer les institutions régaliennes de l’Etat.Nous avons actuellement besoin d’être optimistes pour que la crise n’affecte pas ou ne remette pas en question notre système de démocratie représentative, malgré sa palette de limites.Pour sauver la République et ses institutions, les acteurs ont besoin de développer un sens exceptionnel du consensus et surtout de justice quand il le faut.C’est moins douloureux de visiter un ami en prison que d’aller se recueillir sur sa tombe.Brûler le siège du Parlement ou exiger que les parlementaires démissionnent en bloc ne permettront pas de rétablir, au plus vite, la confiance.Est-ce que nous sommes dans une république dépravée où seuls les membres du gang auront un jour accès aux dites bonnes écoles ?L’autre raison est encore plus folle.Y a-t-il une catégorie de gens qu’on ne veut pas fréquenter ? Un apartheid qu’on veut signifier, établir ? Un parent d’élèves a osé pointer du doigt les enfants qui arrivent sur taxi-moto. On pourrait aussi indexer les enfants qui viennent dans des voitures qui ne font pas high class. Beaucoup de journalistes du National tomberaient sous les couperets de cette discrimination qui ne se dit pas.Il faut que ces gens, ces fous, qui exigent à ces responsables d’établissements d’augmenter les frais scolaires, soient clairs. Qu’on cesse de se cacher. S’il y a une partie de la population qu’on méprise, qu’on déteste, qu’on veut anéantir, qu’on le dise.Il y a aussi un autre drame. Ceux qu’on méprise, qu’on veut annihiler et qui tiennent malgré tout à ce que leur progéniture fréquente de tels établissements simplement pour dire qu’on est là même si alors l’enfant grandit frustré, avec des complexes qui viendront achever la société.Ceux qui se croient d’une race supérieure dans ce pays, ils doivent être non seulement aveugles, mais fous. Il n’y a rien à montrer pour le prouver sinon qu’une infériorité, une bestialité, une compétence à perpétuer le chaos, la misère, bref le mal même dans leurs propres lieux.Qu’on cesse dans les officines, dans certaines réunions de parents dans les écoles, à étaler une telle maladie mentale.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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