Le weekend dernier a vu une lame de fond balayer la région métropolitaine et certaines villes de province. Une véritable insurrection urbaine telle que l’on n’a plus vécue depuis les élections de 2006. Un soulèvement quasi-général contre la hausse des prix des produits pétroliers a embrasé une capitale déjà éclopée et violemment balafrée par les évènements du 12 janvier 2010. Port-au-Prince et Pétion-ville ont vécu l’espace de 24 heures une éprouvante épreuve du feu. Cela fait des mois depuis qu’à longueur d’éditoriaux, nous dénoncions les inconséquences des élites politique, intellectuelle et économique.
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Parties à l’issue fatale pour l’équipe la plus populaire en Haïti, lors du match du Brésil contre la Belgique, les émeutes des 6 et 7 juillet garderont pour encore longtemps ou peut-être pour toujours un secret. Aucune personne non initiée dans l’organisation, et encore moins la Police, ne peut expliquer comment les émeutiers ont pu aussi facilement mettre le feu à autant de voitures et saccager des commerces triés sur le volet.Autant que l’action des pyromanes et leurs jeux macabres de « celui qui brûle le plus de marchés publics gagne », les faits de ce weekend sont très graves et ont causé de gros dégâts.Naturellement et c’est bien embêtant et tout aussi extrêmement révélateur, certaines voix ont choisi ce moment pour s’élever de manière stratégique au-dessus de la cacophonie des peurs murmurées, des colères jurées et des interventions de circonstance.
Parties à l’issue fatale pour l’équipe la plus populaire en Haïti, lors du match du Brésil contre la Belgique, les émeutes des 6 et 7 juillet garderont pour encore longtemps ou peut-être pour toujours un secret. Aucune personne non initiée dans l’organisation, et encore moins la Police, ne peut expliquer comment les émeutiers ont pu aussi facilement mettre le feu à autant de voitures et saccager des commerces triés sur le volet.Autant que l’action des pyromanes et leurs jeux macabres de « celui qui brûle le plus de marchés publics gagne », les faits de ce weekend sont très graves et ont causé de gros dégâts.Naturellement et c’est bien embêtant et tout aussi extrêmement révélateur, certaines voix ont choisi ce moment pour s’élever de manière stratégique au-dessus de la cacophonie des peurs murmurées, des colères jurées et des interventions de circonstance. Le samedi matin, au moment où le chef du Gouvernement faisait l’expérience de l’inutilité d’une parole molle et fade, le pays vivait la plus violente démonstration de force populaire qu’il eût connue depuis la transition démocratique. Jamais coordination n’a été aussi maitrisée. Sans bruits, sans mots d’ordre public, sans leaders visibles, les émeutiers ont pris le contrôle total du territoire pendant au moins vingt-quatre heures.À entendre la vérité expirée du sénateur Dumont, confiée ce matin, le pays peut facilement croire que ce chaos n’est autre qu’une planification capotée par malchance et autres petits ratés systémiques. Le Gouvernement avait prévu de faciliter l’acceptation de l’ajustement en misant sur un bon conditionnement psychologique des citoyens et en gérant le réseau des chefs de « baz ». Le Brésil a perdu. L’injection de 117 millions de gourdes dans une opération suspecte et peu compatible avec la comptabilité publique a donné le résultat que l’on sait. Pépé Dumont, le spécialiste adulé du football, n’avait pas dit que le Brésil pouvait perdre. Le sénateur Dumont n’a pas non plus empêché le décaissement des 117 millions.Le sénateur n’a pas usé à temps de la détermination commandée par son honnêteté. Une telle occasion de le faire, souhaitons-le, ne se reproduira peut-être plus.Du Parlement au Forum économique en passant par l’opposition politique, ils rêvent tous de conduire le Gouvernement à l’échafaud. Le fait n’a rien d’étonnant puisque pendant les émeutes l’État avait perdu la capacité d’exercer ses fonctions essentielles. Et nous avons aussi cette manière lâche de nous emparer des lendemains des crises. Nous aimons la gestion post-catastrophe.Il est admis que le chaos peut-être le résultat d’une stratégie. À qui profitera l’avenir d’un pays où s’est installé le goût du désastre, la prolifération des petits gangs de jeunes chômeurs, de gens en cols blancs, d’activistes politiques ?Nous avons connu tant de désastres. Il est étonnant qu’ils ne nous permettent pas de nous reconstruire en tant que peuple capable de renforcer les liens qui peuvent unir les citoyens.Le Gouvernement peut capoter et ceux qui ont toujours fait semblant d’aider à la reconstruction du pays continueront à ne pas croire à l’utilité d’un gouvernement. Les États pensés par des clans, des ONG, des « baz », des marchands-fraudeurs sont généralement faibles.En passant et sérieusement, aujourd’hui, il est encore temps de préparer la population aux fortes pluies qui peuvent être provoquées par le passage de Béryl.Le pays pourra ne pas survivre à deux désastres en l’espace de quelques jours.Jean-Euphèle Milcé Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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