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Éditorial

L’ère du soupçon !

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Les relations internationales sont entrées dans une période de glaciation. Les crispations et les réflexes d’enfermement sont devenus la marque de fabrique des relations entre les États. La solidarité internationale et les politiques d’ouverture sur les questions de migration et de commerce ont cédé la place au délire sécuritaire, alimenté il est vrai par un terrorisme nihiliste qui fait de la mort un moyen et une fin. Au réflexe sécuritaire vient s’ajouter un besoin de se « protéger » de la misère du monde.La récente décision de la Cour suprême des États-Unis d’entériner la politique de l’administration américaine vis-à-vis de certains pays dits musulmans suscite quelques inquiétudes au pays d’Abraham Lincoln.

Les relations internationales sont entrées dans une période de glaciation. Les crispations et les réflexes d’enfermement sont devenus la marque de fabrique des relations entre les États. La solidarité internationale et les politiques d’ouverture sur les questions de migration et de commerce ont cédé la place au délire sécuritaire, alimenté il est vrai par un terrorisme nihiliste qui fait de la mort un moyen et une fin. Au réflexe sécuritaire vient s’ajouter un besoin de se « protéger » de la misère du monde.La récente décision de la Cour suprême des États-Unis d’entériner la politique de l’administration américaine vis-à-vis de certains pays dits musulmans suscite quelques inquiétudes au pays d’Abraham Lincoln. Le bannissement temporaire de populations entières hors du territoire américain au nom de la sécurité intérieure des États-Unis trouve un écho certain au sein d’une population de plus en plus méfiante et dont la peur, certes légitime, est manipulée par des secteurs ultraconservateurs. Cette décision de l’actuel gouvernement américain avait pourtant été combattue par certains états de l’Union et par certains tribunaux qui en contestaient le bon sens et la légalité.La position de la Cour suprême vient mettre fin à une saga judiciaire et politique, mais surtout annonce le grand basculement des institutions américaines les plus prestigieuses vers un conservatisme pur et dur. Il faudra attendre les élections de mi-mandat pour voir si le vent va tourner en faveur du parti démocrate ou de quelques modérés du parti républicain.Quoiqu’il en soit, ces mesures consacrent un nouveau chapitre dans la grammaire des relations internationales. Elles témoignent aussi de l’incompréhension et de la méfiance qui s’installent entre les nations. La peur du terrorisme est mauvaise conseillère et peut conduire aux pires excès. Or, hormis le terrible attentat du 11septembre 2001, et quelques incidents meurtriers liés à Daesh, la majorité des attentats commis sur le sol américain sont le fait d’esprits dérangés qui entretiennent le culte des armes à feu.Ce qui est certain, c’est que la nébuleuse terroriste aura atteint un de ses objectifs : soufflé sur les braises de l’incompréhension et des différends entre les peuples pour attiser les conflits qui ont pour base unique la peur de l’autre.Un autre exemple de ces tensions internationales se manifeste sur le front asiatique. Le président américain estime que son pays a été floué dans certaines négociations commerciales au profit d’une Chine qui profiterait sans aucune gêne d’avantages commerciaux indus. Le déficit commercial américain se serait creusé pour atteindre les 300 milliards de dollars avec ce géant de L’Asie. La bataille menée par Donald Trump au nom des intérêts américains ne fait pas de quartier. Les liens historiques avec l’Europe ne vont nullement contrarier sa croisade pour une Amérique plus forte. L’intérêt national américain commande un contrôle plus strict sur les investissements étrangers dans le secteur des hautes technologies.Le discours des hommes d’État se durcit de plus en plus et l’absence de civilité semble être la chose du monde la mieux partagée entre les puissants de ce monde. Les exportateurs européens ressentent sur leur nuque la chaleur de ces nouvelles dispositions des douanes américaines. Les Européens affutent leurs armes économiques et se préparent à sanctionner lourdement des centaines de milliards de produits venus des États-Unis.Un nouveau nationalisme est né, chevillé aux « intérêts américains ». Il se situe à mi-chemin du traditionnel isolationnisme des années 30 et d’un interventionnisme aujourd’hui décomplexé. Ce qui n’est pas pour déplaire à un certain électorat qui espère ainsi un retour de la grande prospérité des États-Unis d’Amérique, celle qui a consacré leur suprématie incontestée à travers le monde.Toutefois, resurgissent aux yeux des témoins de ce nouveau siècle, une dureté et une brutalité dans les rapports entre les nations dont la tendance ultime est la banalisation et/ou l’indifférence face aux désastres qu’ils soient humanitaires ou économiques.Les bons samaritains, les personnes en campagne, les gestionnaires du risque et les Forces armées d’Haïti auraient pu être opérationnels dès maintenant : en apprenant à la population à mieux se protéger, en libérant les rues, les lits des ravines et en aidant les personnes en situation de vulnérabilité à prendre conscience de leur fragilité et agir sur sa réduction.La prévention vaut mieux que la réponse.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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