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Une société malade d’Alzheimer?

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Enfouie à plusieurs brasses dans le néant, perdue dans ses dérives, mais évidemment peu attentive à sa descente aux enfers les yeux fixés sur la gestion de sa misère, la société haïtienne actuelle est comme frappée d’Alzheimer. On dirait qu’elle est atteinte des différentes formes de dégénérescence faisant partie de la catégorie de démence. Ce ne sont pas forcément les démences séniles (car la population est formée de jeunes dans sa grande majorité), mais une pathologie apparentée du genre idiopathique (maladies que ne peut révéler aucun examen de laboratoire, mais qui sont des cas cliniques à proprement parler) dont les symptômes varient et qu’il est possible de distinguer en vue d’un traitement adéquat.Désabusée, elle perd de façon inéluctable nombre de ses fonctions cognitives: la mémoire, la capacité d’orientation dans le temps et l’espace, les facultés de réflexion et de déduction, la capacité de distinguer le vrai du faux, les troubles de l’attention salvatrice, les chutes en arrière, etc.

Enfouie à plusieurs brasses dans le néant, perdue dans ses dérives, mais évidemment peu attentive à sa descente aux enfers les yeux fixés sur la gestion de sa misère, la société haïtienne actuelle est comme frappée d’Alzheimer. On dirait qu’elle est atteinte des différentes formes de dégénérescence faisant partie de la catégorie de démence. Ce ne sont pas forcément les démences séniles (car la population est formée de jeunes dans sa grande majorité), mais une pathologie apparentée du genre idiopathique (maladies que ne peut révéler aucun examen de laboratoire, mais qui sont des cas cliniques à proprement parler) dont les symptômes varient et qu’il est possible de distinguer en vue d’un traitement adéquat.Désabusée, elle perd de façon inéluctable nombre de ses fonctions cognitives: la mémoire, la capacité d’orientation dans le temps et l’espace, les facultés de réflexion et de déduction, la capacité de distinguer le vrai du faux, les troubles de l’attention salvatrice, les chutes en arrière, etc. La dégénérescence de type « frontotemporal dementia (FTD) » et la maladie de Pick figurent parmi les pathologies apparentées provoquant des troubles caractérisés comme le repli sur soi après l’échec de plus de 200 ans d’histoire, la négligence environnementale, l’impulsivité dans la recherche de solutions aux situations de crise, la vulgarité comme alternative à l’argumentaire, la passivité et la susceptibilité excessive.L’Haïtien moderne perd le sens des mots et l’objet de son existence. Il s’en fout. C’est la démence sémantique. Et comme pour prendre en charge ses troubles de comportement perturbateur, la MINUSTAH, puis la MINUJUSTH lui ont été délicieusement servies. Un spécialiste de la neurologie que j’ai rencontré dans une bibliothèque floridienne raconte que cette démarche se situe dans le cadre d’une enquête étiologique ayant donné lieu à des recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBP) portant sur la prise en charge des troubles déficitaires ou de retrait jugés par l’entourage (l’OEA et la CARICOM) comme dérangeants, nuisibles et dangereux particulièrement pour autrui. Ces missions thérapeutiques onusiennes non médicamenteuses, loin de participer de la solution du problème, l’ont plutôt aggravé. Les rapports sont là pour le prouver.Depuis la fin de la dictature, le pouvoir politique en Haïti est un spectacle de même que tout évènement (para)culturel au Champ-de-Mars, sur la place Hugo Chavez, à l’Arcahaie, est le fait du pouvoir politique ou ses émules. La société est mise en scène. Les citoyens disparaissent au profit du spectaculaire. On ne cesse de leur montrer quelque grimace largement médiatisée. C’est le jeu des acteurs avec ou sans masque. Tout devient irréel dans une société devenue virtuelle. Être quelqu’un importe peu. Le mieux c’est d’être un brasseur dans la ville. Avoir une vision pour son pays ne vaut rien. Il faut avant tout apparaitre sans jamais rater ses entrées.Dans les entreprises publiques et privées, les relations humaines ne sont que comédie. La société perd sa vie à vivre sa déchéance. On lui résiste si elle perd son calme quand elle se sent bousculée. C’est dans l’ermite de la transition vers la démocratie sorte d’alibi paranoïaque et bizarre pour les uns, épicurienne et aventureuse pour d’autres qu’elle fait sa postérité dans l’emprise ou la nonchalance des médias chantant l’accomplissement sans frein des volontés de la raison marchande et les nouvelles techniques de gouvernement qui accompagnent leur règne. Le temps est à la concentration des pouvoirs dans les mains des plus audacieux, au totalitarisme de la marchandise, à l’aliénation de l’individu dont l’existence est au service de ladite marchandise par un processus d’adoubement. Spectateur et non-acteur de l’Histoire, la société haïtienne prend volontiers l’habitude de regarder l’Histoire se faire en son nom et l’avenir se dessiner en dehors de son contrôle. Cette attitude est paralysante au sein d’une époque d’intense activisme politique et où se nouent le « politiquement correct » et le « démocratiquement malsain ». Dans l’un de ses livres à succès, Pierre Raymond Dumas n’avait-il pas raison de concorder la critique de notre société qu’ont développée les sciences humaines dont il s’est nourri avec la critique portée par les avant-gardes de la dernière pluie?Malade d’Alzheimer, notre société dont les mérites et les valeurs sont pesés risque de disparaitre. Ses jours sont comptés. À moins qu’elle consente de mener une guerre de façon non aseptisée en faveur des idées généreuses qui lui sont chères et qui sont en lien avec les vertus de la solidarité, le vivre ensemble et l’intérêt national.C’est donc l’occasion pour le National de féliciter cette armée d’éducateurs qui, contre vents et marée, en dépit des mauvais exemples si souvent offerts à la jeunesse, continue à tenir le flambeau de l’excellence. Le savoir doit constamment revenir à l’assaut comme cette équipe de foot qui patiemment reprend le siège du camp adverse, en dépit des échecs jusqu’à marquer à la toute dernière minute le but victorieux sur coup de pied franc. Ce but sur coup de pied arrêté, l’excellence l’obtiendra aussi pour que la nation puisse enfin signifier sa victoire.Nos élus se doivent de prendre leurs responsabilités face aux défis de l’heure. Et ce, par-delà la poussière soulevée par une caravane en plein labeur, mais qui ne suffit guère à faire reculer la pauvreté.Le pays a grandement besoin d’une opposition organisée, mais qui se doit à tout prix d’éviter les facilités ruineuses de l’insurrection permanente a visée électoraliste. Une formule usitée qui souvent ne débouche sur aucune alternative constructive. Il faudrait faire le bilan de nos différentes révoltes armées ou pacifiques depuis deux siècles et orienter nos luttes politiques sur des chemins balisés et débarrassés des embuches politiciennes à courte vue, sans égard pour la chose publique et pour l’intérêt général.Les bons samaritains, les personnes en campagne, les gestionnaires du risque et les Forces armées d’Haïti auraient pu être opérationnels dès maintenant : en apprenant à la population à mieux se protéger, en libérant les rues, les lits des ravines et en aidant les personnes en situation de vulnérabilité à prendre conscience de leur fragilité et agir sur sa réduction.La prévention vaut mieux que la réponse.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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