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Éditorial

L’incivisme mène à la corruption

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Le civisme est un facteur essentiel du vivre ensemble, de démocratie, de paix, de développement socio-économique et humain. L’une des tares d’Haïti vient des politiques, de certains opérateurs économiques et de la société civile en transit dans le pays. Le manque de civisme, de culture de la tolérance et de patriotisme constitue une problématique réelle de la société haïtienne. Le citoyen dans l’exercice de sa citoyenneté peine à appréhender ses droits fondamentaux de citoyen et ses devoirs les plus élémentaires.

Le civisme est un facteur essentiel du vivre ensemble, de démocratie, de paix, de développement socio-économique et humain. L’une des tares d’Haïti vient des politiques, de certains opérateurs économiques et de la société civile en transit dans le pays. Le manque de civisme, de culture de la tolérance et de patriotisme constitue une problématique réelle de la société haïtienne. Le citoyen dans l’exercice de sa citoyenneté peine à appréhender ses droits fondamentaux de citoyen et ses devoirs les plus élémentaires.« Deux types d’incivismes font rage: sur le plan économique, la recherche effrénée du gain au détriment du peuple participe à la paupérisation et au sous-développement », avait martelé fielleusement la semaine dernière un haut responsable d’État à son retour de Taïwan au côté du président de la République, M. Jovenel Moïse. Du point de vue administratif, le non-respect des biens publics, les concussions, les détournements, la corruption sont les fléaux qui empêchent le fonctionnement de l’appareil d’État. Pour pallier ce problème, il convient d’opter pour un changement qualitatif de nos comportements habituels où chacun pourra jouer sa partition pour gagner le pari. L’exemple doit venir d’en haut. Ordinairement, le mauvais exemple vient d’en bas. Heureusement la population haïtienne dans sa grande majorité est déterminée à prendre en main son destin et à faire preuve de civisme. À force de croire que l’argent est la solution de tous les problèmes, les générations actuelles s’appliquent à verser dans la corruption.Il est possible aujourd’hui de s’en prendre à la classe politique ou à l’incurie des pouvoirs publics qui témoigne de la perte des valeurs. On dénonce à raison la corruption qui gangrène le pays. Mais quand on ne paie pas ses impôts, quand on refuse de faire la déclaration de l’ensemble de ses revenus, on n’est pas si vertueux qu’on le prétend. C’est un cercle vicieux quand on ne cherche qu’à s’enrichir de façon illicite dans un pays qui n’a plus les moyens d’entretenir ses infrastructures publiques. L’incivisme entraine la corruption. On ne saurait analyser les modes de reproduction de la corruption sans tenir compte du rôle joué par les acteurs sociaux et des institutions internationales.Si une proportion importante de l’aide au développement est désormais représentée par l’appui à des programmes de lutte contre la corruption, il faut rappeler que tout projet de développement qu’il soit d’inspiration communautariste ou néolibérale, ne se limite pas à un transfert neutre et désintéressé de techniques, d’argent, d’expertise ou d’institution. Il s’inscrit dans des réalités sociales et politiques complexes où se déploient des stratégies d’acteurs qui tendent à s’approprier les ressources symboliques ou financières de l’intervention extérieure devenue un enjeu politique local majeur.Des études ont montré comment à l’échelle mondiale, l’intervention massive et souvent concurrentielle des bailleurs de fonds engendre l’émergence d’enclaves bureaucratiques surpayées et fonctionnelles creusant ainsi l’écart avec les administrations étatiques dans lesquelles la recherche de revenus additionnels, licites ou illicites devient la norme. Là où les projets sont mis en oeuvre, les formes et opportunités de corruption sont légion. Le chef de l’État croyait opportun de déverser publiquement son trop-plein à ce sujet. Effarouchée et offusquée, la chambre des députés a vite pété les plombs en réclamant des preuves.Plus que jamais les engagements contre la corruption ne sont pas de façade. Si la thèse de l’État hypertrophié trouve un vaste écho dans le contexte actuel, elle constitue le soubassement des politiques de réduction des effectifs de la fonction publique promus par les institutions de Bretton Woods, lors même que la masse salariale n’est pas aussi excessive qu’on aurait tendance à le croire.Préconiser la hausse des salaires pour lutter contre la corruption s’avère au mieux illusoire, au pire impossible pour le budget national déjà étriqué. La tendance n’est-elle pas depuis des années à la compression de la fonction publique et au blocage de recrutement massif avec la réforme comme toile de fond?Il est venu le temps d’investir dans l’emploi massif et les salaires plutôt que dans l’assistance sociale visant à gérer le présent dans l’incertitude des lendemains. Ce sont les vecteurs d’accomplissement personnel et de socialisation qui, contrairement aux modes classiques d’expression des revendications populaires et des indicateurs de changement, réclament la curiosité blasée de l’opinion.Le pays a grandement besoin d’une opposition organisée, mais qui se doit à tout prix d’éviter les facilités ruineuses de l’insurrection permanente a visée électoraliste. Une formule usitée qui souvent ne débouche sur aucune alternative constructive. Il faudrait faire le bilan de nos différentes révoltes armées ou pacifiques depuis deux siècles et orienter nos luttes politiques sur des chemins balisés et débarrassés des embuches politiciennes à courte vue, sans égard pour la chose publique et pour l’intérêt général.Les bons samaritains, les personnes en campagne, les gestionnaires du risque et les Forces armées d’Haïti auraient pu être opérationnels dès maintenant : en apprenant à la population à mieux se protéger, en libérant les rues, les lits des ravines et en aidant les personnes en situation de vulnérabilité à prendre conscience de leur fragilité et agir sur sa réduction.La prévention vaut mieux que la réponse.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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