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Grève, manif, sit-in, graffiti: qu’est ce que cela change?

Grève, manif, sit-in, graffiti: qu’est ce que cela change?

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Il n’existe pas en Haïti de statistiques ou de données générales fiables et précises relatives à la répression violente et brutale d’agents de la Police nationale d’Haïti (PNH). Coups gratuits de matraques, bavures caractérisées, tirs de balles en caoutchouc trop proches, gazage lacrymogène, intimidation et abus d’autorité font partie du menu varié des agents de la Compagnie d’intervention et de maintien de l’ordre (CIMO) souvent accusée d’excès dans l’usage règlementé de sa force répressive lors des opérations. Et c’est pour lutter contre ces dérives préjudiciables aux valeurs prônées par son institution dont la mission consiste à « protéger et servir » que le DG de la PNH, Michel-Ange Gédéon, s’applique depuis quelque temps à jouer la carte de la réforme.

Il n’existe pas en Haïti de statistiques ou de données générales fiables et précises relatives à la répression violente et brutale d’agents de la Police nationale d’Haïti (PNH). Coups gratuits de matraques, bavures caractérisées, tirs de balles en caoutchouc trop proches, gazage lacrymogène, intimidation et abus d’autorité font partie du menu varié des agents de la Compagnie d’intervention et de maintien de l’ordre (CIMO) souvent accusée d’excès dans l’usage règlementé de sa force répressive lors des opérations. Et c’est pour lutter contre ces dérives préjudiciables aux valeurs prônées par son institution dont la mission consiste à « protéger et servir » que le DG de la PNH, Michel-Ange Gédéon, s’applique depuis quelque temps à jouer la carte de la réforme. C’est peut-être tant mieux!En effet, la manifestation d’ampleur organisée le 9 juin dernier par les ouvriers du secteur textile pour réclamer le salaire journalier de mille (1,000) gourdes et les avantages sociaux promis par le Gouvernement a été brutalement réprimée. Pour dessiner leur avenir, les victimes sont restées suspendues, pour la plupart, à une expertise médicale à l’Office Accidents du travail, maladies et maternité (OFATMA) où elles ont été admises. Cela en dit long sur l’importance accordée à la notion de « liberté d’expression » dont font état la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH).La liberté d’expression est clairement définie par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui dispose que tout individu a droit à la liberté d’opinion, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété ou intimidé pour ses opinions et celui de chercher, de promouvoir et de répandre, sans considération de frontière, ses idées par quelque moyen que ce soit. Et sous n’importe quel format.L’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) réaffirme ce droit universel qui constitue un élément de toute démocratie et exclut toute ingérence d’autorités publiques. La Convention ayant valeur supra législative, elle prime les lois nationales, y compris constitutionnelles. Chaque État devant adapter sa législation interne aux exigences européennes.Grève, manif, sit-in, caricature, graffiti, badigeonnage... constituent les formes les plus classiques de la liberté d’expression. Ceux qui jettent un regard froid et condescendant sur ces modes de revendications populaires considèrent le plus souvent qu’ils sont sans impact véritable sur la vie publique, alors qu’ils sont inscrits dans la logique de l’affrontement non violent.Les mobilisations massives sont des paris ouverts. Chaque pays qui mène des réformes connait des mouvements sociaux. Mais ce n’est pas une raison pour tenter, en vain, de déverrouiller le train infernal des réformes nécessaires au maintien du statu quo. Quand il y a grève, manif, sit-in, badigeonnage ici et là, on s’en aperçoit. Nul ne peut s’en passer. Le mouvement des ouvriers du textile pour une hausse du salaire minimum a été assené de coups durs. Une sorte de démoralisation. Syndicalistes, militants des droits humains, patronat se retrouvent la tête sous l’eau. Quoi qu’on dise. La mobilisation impactait ou risquait d’impacter à un point tel qu’elle faisait peur. Elle impactera toujours si les problèmes qu’elle pose ne sont vite résolus. Tout le danger consiste à compartimenter les contestations au lieu de porter le combat sur la politique globale du gouvernement et ses retombées concrètes sur les conditions de vie de la population.Énergie, santé, éducation, cherté de la vie, justice. On ne compte plus les mobilisations d’ampleur qui fleurissent avec le temps. Loin des revendications éparses, c’est bien tout un projet de société qui est contesté. Une stratégie de développement. Un projet dans lequel l’idée même du service public tourné vers le citoyen est mise à mal pour poser la problématique de la réforme du système. Le sac à dos social du Premier ministre Jack Guy Lafontant dont les bretelles deviennent si fragiles en plein déficit budgétaire ne peut s’empêcher de tomber à l’eau à chaque franchissement de gué.Il est venu le temps d’investir dans l’emploi massif et les salaires plutôt que dans l’assistance sociale visant à gérer le présent dans l’incertitude des lendemains. Ce sont les vecteurs d’accomplissement personnel et de socialisation qui, contrairement aux modes classiques d’expression des revendications populaires et des indicateurs de changement, réclament la curiosité blasée de l’opinion.Le pays a grandement besoin d’une opposition organisée, mais qui se doit à tout prix d’éviter les facilités ruineuses de l’insurrection permanente a visée électoraliste. Une formule usitée qui souvent ne débouche sur aucune alternative constructive. Il faudrait faire le bilan de nos différentes révoltes armées ou pacifiques depuis deux siècles et orienter nos luttes politiques sur des chemins balisés et débarrassés des embuches politiciennes à courte vue, sans égard pour la chose publique et pour l’intérêt général.Les bons samaritains, les personnes en campagne, les gestionnaires du risque et les Forces armées d’Haïti auraient pu être opérationnels dès maintenant : en apprenant à la population à mieux se protéger, en libérant les rues, les lits des ravines et en aidant les personnes en situation de vulnérabilité à prendre conscience de leur fragilité et agir sur sa réduction.La prévention vaut mieux que la réponse.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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