Au temps de la passion et de la confusion !
Écouter l'article
La Coupe du monde a débuté et, comme on devait s’y attendre, les passions démarrent au quart de tour. Comme partout sur la planète, en dépit des petits drames du quotidien et la suffocante chaleur de l’été, les Haïtiens se projettent à des milliers de kilomètres dans l’ambiance virevoltante du plus grand spectacle planétaire.Un championnat du monde assez prometteur qui semble dès son entame déjouer les pronostics les plus usuels. Ainsi, de grosses écuries mondiales se trouvent, du moins temporairement, menacées dans leur confortable hégémonie ! Ce qui laisse à n’en pas douter de la place à du suspens et de l’angoisse pour des millions de supporters qui craignent pour la sélection de leur choix dans une compétition où aucune équipe ne tient à faire de la figuration.
La Coupe du monde a débuté et, comme on devait s’y attendre, les passions démarrent au quart de tour. Comme partout sur la planète, en dépit des petits drames du quotidien et la suffocante chaleur de l’été, les Haïtiens se projettent à des milliers de kilomètres dans l’ambiance virevoltante du plus grand spectacle planétaire.Un championnat du monde assez prometteur qui semble dès son entame déjouer les pronostics les plus usuels. Ainsi, de grosses écuries mondiales se trouvent, du moins temporairement, menacées dans leur confortable hégémonie ! Ce qui laisse à n’en pas douter de la place à du suspens et de l’angoisse pour des millions de supporters qui craignent pour la sélection de leur choix dans une compétition où aucune équipe ne tient à faire de la figuration. Les Suisses, les Islandais et surtout les Mexicains sont les véritables révélations d’un premier tour aux multiples surprises. Le Mexique pour avoir mis en déroute la furia germanique est la nouvelle sensation de la planète foot. L’exemple mexicain est assez inspirant pour la zone centre-américaine et caribéenne qui cherche depuis quelques années à émerger et à jouer dans la cour des grands.Nos compatriotes privés depuis trop longtemps de performances de nos équipes masculines de football, les filles ayant quand même réussi à faire flotter dignement le drapeau dans quelques compétitions régionales et mondiales, s’identifient de plus en plus aux couleurs brésiliennes et argentines. Rien de nouveau. Mais cette fois, la passion pour la sélection brésilienne a touché un symbole national fort. Une scène assez étrange a été diffusée sur les réseaux sociaux, ou l’on voit une foule hisser sur son mat le drapeau brésilien pendant qu’un orchestre improvisé exécutait la Dessalinienne. Une séquence qui fait mal à l’estomac, et qui exprime un profond malaise. Manifestation naïve de passion exacerbée ? Ou drame identitaire de citoyens en mal de repères ? Certaines personnes diront qu’il n’y a vraiment pas de quoi fouetter un chat.Nous laissons aux sociologues le soin d’interpréter le phénomène qui sous son apparence bon enfant n’est pas du tout banal. La nature ayant horreur du vide, les gens recherchent des symboles en qui accorder leur confiance et espérance. Or, il se trouve que dans leur propre environnement social et politique, tout est fait pour tuer l’espérance et pour inspirer de la méfiance.Ce qui nous amène à parler d’une actualité dont les quotidiennes éructations renforcent la confusion et le doute chez nos concitoyens.Le claquement des fusils dans la périphérie du portail sud de la capitale est un témoignage sonore d’une insécurité rampante qui s’installe, de jour et ouvertement, dans un des lieux les plus fréquentés de la ville. Le premier ministre a, dans un grand oral, tenté d’expliquer que les tirs entendus n’avaient pas fait tant de victimes. Et que tout était sous contrôle, même s’il a dû admettre au passage qu’un seul mort est une victime de trop.Les déclarations apaisantes du chef de la Primature jurent avec la peur qui tenaille les usagers de la route du Sud et les riverains du bord de mer. On ne peut qu’espérer que ces trublions qui font parler la poudre dans des affrontements réels ou factices aiment aussi le football.Plus sérieusement, on attend des pouvoirs publics qu’ils ne fassent pas l’autruche et que bientôt l’on mette fin à une situation qui ne saurait durer. Au milieu de ce climat suffocant et volatil, un secteur assez actif de l’opposition vient d’entamer de grandes manoeuvres de rassemblement. Une unité qui semble plus se décréter qu’il n’est effectivement construit. Lorsqu’on se réfère aux déclarations contradictoires de certains des protagonistes sur les ondes de quelques stations de radios, des doutes subsistent quant à la capacité de cette nouvelle coalition à résister aux sirènes du pouvoir.Le pays a grandement besoin d’une opposition organisée, mais qui se doit à tout prix d’éviter les facilités ruineuses de l’insurrection permanente a visée électoraliste. Une formule usitée qui souvent ne débouche sur aucune alternative constructive. Il faudrait faire le bilan de nos différentes révoltes armées ou pacifiques depuis deux siècles et orienter nos luttes politiques sur des chemins balisés et débarrassés des embuches politiciennes à courte vue, sans égard pour la chose publique et pour l’intérêt général.Les bons samaritains, les personnes en campagne, les gestionnaires du risque et les Forces armées d’Haïti auraient pu être opérationnels dès maintenant : en apprenant à la population à mieux se protéger, en libérant les rues, les lits des ravines et en aidant les personnes en situation de vulnérabilité à prendre conscience de leur fragilité et agir sur sa réduction.La prévention vaut mieux que la réponse.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.