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Sous le regard de Pétion

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On attribué à Pétion les mots autorisant à « plimen poul lan men pa kite l kriye. »  Le pays peut aussi ne pas « crier » dans un état de quasi-zombification. Mais, pire, ceux qui l’ont zombifié ne se gênent pas pour vivre dans un lieu décrépi, un lieu laissé à l’abandon, à la saleté.Au Champ-de-Mars, à Port-au-Prince, on est au centre de la capitale, à moins de cent mètres des bureaux du chef de l’État. On peut faire les plus beaux discours, promettre monts et merveilles, effectuer des voyages dans les plus belles villes, être reçus par les grands de ce monde, n’est-on pas dans la contrevérité quand, depuis la fenêtre, on ne voit pas, on n’accepte pas de voir un tel état de délabrement ? Qui ne peut pas moins ne peut pas plus.  C’est une vérité incontournable.

On attribué à Pétion les mots autorisant à « plimen poul lan men pa kite l kriye. »  Le pays peut aussi ne pas « crier » dans un état de quasi-zombification. Mais, pire, ceux qui l’ont zombifié ne se gênent pas pour vivre dans un lieu décrépi, un lieu laissé à l’abandon, à la saleté.Au Champ-de-Mars, à Port-au-Prince, on est au centre de la capitale, à moins de cent mètres des bureaux du chef de l’État. On peut faire les plus beaux discours, promettre monts et merveilles, effectuer des voyages dans les plus belles villes, être reçus par les grands de ce monde, n’est-on pas dans la contrevérité quand, depuis la fenêtre, on ne voit pas, on n’accepte pas de voir un tel état de délabrement ? Qui ne peut pas moins ne peut pas plus.  C’est une vérité incontournable.Sur la place dite de la Constitution, on est étonné de voir l’état de ce monument qui est quand même un hommage à Toussaint Louverture. Il suffirait de peu pour le remettre à neuf, moins que coûte un 4X4 de luxe. La chose est encore plus choquante quand on constate l’état du drapeau qui flotte dans le ciel au-dessus du monument. Le drapeau offre un aspect misérable. Quelque chose qu’aucun citoyen n’aurait dû accepter et encore plus ceux qui ont la charge de mener à bien la barque de la capitale et du pays.L’autre scandale est surtout le panorama qu’offre la place Pétion. Pauvre Pétion ! Du haut de son socle, il a tout le loisir de voir les monticules de plastique qui jonchent les allées et ce qui reste des jardins et du gazon de l’endroit. Les détritus sont partout et l’odeur bien sûr n’est pas agréable. On peut découvrir ici un quidam qui porte  atteinte aux bonnes mœurs en urinant comme si de rien n’était à la vue de tout le monde. Les mauvaises herbes poussent et cachent des choses qu’il n’y a nul besoin de décrire. La nuit on doit deviner ce qui se passe dans cet espace abandonné, pratiquement au cœur de la capitale à peine à une centaine de mètres, nous le redisons, des bureaux du chef de l’État.Certes, on peut arguer que c’est le rôle de la mairie de Port-au-Prince de veiller à la propreté de nos places publiques. Notre cher maire a fait l’actualité en menaçant ceux qui prennent l’habitude de se débarrasser de leurs ordures à qui mieux mieux dans les rues de la ville. Mais l’environnement immédiat du Palais national est quand même l’image du pouvoir politique de notre pays, un lieu touristique, car comment ne pas visiter notre capitale sans faire un tour de ce côté ? On parle de décentralisation, mais si c’est cette malpropreté que le centre produit, nous devrions inventer un autre concept. L’image du pouvoir politique de notre pays ! Si cette image est celle de la Place Pétion, et c’est certainement sa vraie image, nous sommes vraiment partis pour la boucle de la chute, comme un peuple de damnés condamnés à vivre les mêmes tourments dans un enfer qui ne tient pas à dire son nom.La place Pétion dans cet état !  Si sa a, responsab yo pa ka kenbe pwòp, ki sa yo ka fè ankò ?Il faut sortir du cercle de la démission programmée et de l’imposture. Gary VictorAujourd’hui que l’espoir ne fait malheureusement plus vivre, il devient vital que se produise le réveil citoyen pour la renaissance de nos villes. Nos municipalités doivent trouver des solutions novatrices comme : travailler en étroite collaboration avec les comités de quartier pour des campagnes permanentes de propreté. On pourrait aussi demander à chaque grand ministère de contribuer à l’assainissement de sa rue.Au centre-ville ces jours-ci, les immeubles en construction de la nouvelle Cité administrative ont pour clôtures des piles d’immondices. Où sont passés les équipements lourds de la Caravane ?On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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