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Eaux troubles

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L’une des missions des Nations unies en Haïti était le désarmement et aussi donc la pacification. Combien de fois n’avons-nous pas vu, retransmis à la télévision, des cérémonies où l’on détruisait des armes remises par des citoyens repentants, dans le cadre de programme comme seules savent bâtir certaines officines étrangères ou prises à des bandits. Il y avait eu même un moment touchant à l’Académie de Police pour dévoiler, devant de hautes autorités haïtiennes et étrangères, une oeuvre d’art concoctée avec ce qui restait d’armes devant donner la mort.Entre les belles paroles et les déclarations d’intention, il y a un abîme comme seul on observe chez nous entre la réalité et le discours. Un simple maire, un simple parlementaire, peut se balader avec une troupe disposant d’armes de guerre. On ne sait pas comment ils se le sont procuré et, pire encore, ceux qui les exhibent, souvent, n’ont aucune formation sérieuse pour les manipuler.

L’une des missions des Nations unies en Haïti était le désarmement et aussi donc la pacification. Combien de fois n’avons-nous pas vu, retransmis à la télévision, des cérémonies où l’on détruisait des armes remises par des citoyens repentants, dans le cadre de programme comme seules savent bâtir certaines officines étrangères ou prises à des bandits. Il y avait eu même un moment touchant à l’Académie de Police pour dévoiler, devant de hautes autorités haïtiennes et étrangères, une oeuvre d’art concoctée avec ce qui restait d’armes devant donner la mort.Entre les belles paroles et les déclarations d’intention, il y a un abîme comme seul on observe chez nous entre la réalité et le discours. Un simple maire, un simple parlementaire, peut se balader avec une troupe disposant d’armes de guerre. On ne sait pas comment ils se le sont procuré et, pire encore, ceux qui les exhibent, souvent, n’ont aucune formation sérieuse pour les manipuler. Chaque gouvernement, en catimini, s’est toujours empressé de distribuer des armes à des hordes de partisans pensant ainsi perdurer au pouvoir. Or, dans notre Constitution, il est clairement spécifié les modalités du port de certaines armes. La situation est encore plus angoissante quand on voit des gangs, dans certains quartiers populeux, exhibant des armes qu’on les a certainement données, car ils n’ont pas les moyens de les acheter. À qui profite ce crime contre la société ? À ceux qui tirent constamment avantage du chaos ? À ceux qui veulent créer une situation de confusion, de peur, de non-accès à certaines zones à haut potentiel de vote, pour le renouvellement de ces pouvoirs maudits ?Notre capitale devient de moins en moins sure avec toutes ces armes qui circulent. Quitter la capitale vers le Sud devient stressant, car à n’importe quel moment, sans craindre une contre-action de la Police nationale, les bandits peuvent sévir. Vers le Nord même chose. On est toujours sur le qui-vive. Un accident de la circulation et n’importe quel quidam peut brandir une arme. Les policiers, parfois encagoulés, font une présence, mais semblent éviter les zones chaudes. On peut les comprendre. S’ils sont sous le feu des bandits, ils peuvent se retrouver aussi sous le feu des organisations des droits humains. Difficile de s’en sortir dans cette situation pourrie, extrême, surtout quand on ne sait pas qui joue avec des allumettes devant le baril de poudre.La situation va vers la comédie, vers l’absurde quand pendant un match de foot qui ne nous concerne pas, car il se joue à des centaines de kilomètres de chez nous entre des joueurs qui gagnent des millions et qui ne sauraient, peut-être même, pas situer notre pays sur une carte géographique, des partisans du Réal de Madrid ou du Barcelone dégainent et se mettent à tirer, parfois à l’arme lourde. En toute impunité. Si le fauteur de trouble – y en a-t-il chez nous – fait partie de l’institution policière, quelqu’un vérifie-t-il son arme régulièrement et le nombre de cartouches dont il dispose ? De toute manière, on peut se les procurer toujours au prix fort bien entendu. Tout passe par nos frontières trouées pires qu’une passoire. Et dans cette situation, nous le redisons encore une fois, dangereuse, on joue avec l’autorité des responsables de la Police nationale, en particulier son directeur général. A-t-on des velléités de domestiquer encore plus l’institution ? Un horizon qu’on veut toujours, à dessein, trouble.Il ne peut y avoir de comportement citoyen sans sanction et un délit ne doit pas rester impuni. Mais cela suppose un État capable de faire respecter la loi. Une administration en mesure de résister aux sirènes du populisme. De telles dispositions réclament surtout une continuité dans l’action et un leadership déterminé, c’est à dire des responsables peu enclins à se laisser à la mollesse coupable d’une fonction figée dans le formol de l’immobilisme.Ceux qui sont en charge d’administrer la cité doivent se faire à l’idée qu’il n’y aura pas de solution miracle. Il leur faut en plus du travail des balayeurs et éboueurs, initier un large mouvement participatif avec l’apport des comités de quartier. Lesquels ont déjà prouvé ce dont ils étaient capables, dans les grands moments de mobilisation civique. Assainir la ville est devenue une priorité et l’opinion publique en appelle au sens de responsabilité des pouvoirs publics. Les opérations de courte durée ne pourront nullement résoudre le problème et ne feront que porter atteinte au moral d’une population déjà très fortement affectée par l’état de délabrement de la ville.Huit ans après le tremblement de terre, nous vivons encore dans nos ruines. Le bas de la ville fracassé par les forces naturelles offre encore l’image désolée de ses quartiers éventrés. La manne chinoise ne viendra certainement pas, géopolitique oblige. Or, nous avons besoin d’un bon coup de pouce financier pour entreprendre des travaux d’une telle envergureLe moins que l’on puisse souhaiter est qu’une entente soit trouvée entre le pouvoir central et l’administration communale pour la renaissance progressive de notre chère capitale.Le chef de l’État devrait combiner des instruments publics et privés en définissant le rôle stratégique de l’agriculture dans ce programme. C’est évident: l’insécurité alimentaire et nutritionnelle qui est liée aux mauvais choix de politique agricole et économique, et au faible pouvoir d’achat de la population s’est accrue. Il faut l’attaquer de front.Aujourd’hui que l’espoir ne fait malheureusement plus vivre, il devient vital que se produise le réveil citoyen pour la renaissance de nos villes. Nos municipalités doivent trouver des solutions novatrices comme : travailler en étroite collaboration avec les comités de quartier pour des campagnes permanentes de propreté. On pourrait aussi demander à chaque grand ministère de contribuer à l’assainissement de sa rue.Au centre-ville ces jours-ci, les immeubles en construction de la nouvelle Cité administrative ont pour clôtures des piles d’immondices. Où sont passés les équipements lourds de la Caravane ?On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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