Le Sommet des Amériques, entre totem et tabou?
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Le 8e Sommet des Amériques s’est déroulé au Pérou du 13 au 14 avril 2018 autour du thème « Gouvernance démocratique face à la corruption ». Cette rencontre formelle de chefs d’État de 35 pays d’Amérique du Nord, Amérique centrale, Amérique du Sud et des Caraïbes a été l’occasion pour le président d’Haïti de mettre l’emphase sur la bataille engagée par son administration contre ce fléau que constitue la corruption.
Le 8e Sommet des Amériques s’est déroulé au Pérou du 13 au 14 avril 2018 autour du thème « Gouvernance démocratique face à la corruption ». Cette rencontre formelle de chefs d’État de 35 pays d’Amérique du Nord, Amérique centrale, Amérique du Sud et des Caraïbes a été l’occasion pour le président d’Haïti de mettre l’emphase sur la bataille engagée par son administration contre ce fléau que constitue la corruption.Jovenel Moïse, dans son discours de circonstance, dit avoir profité des expériences des voisins régionaux d’Haïti pour renforcer la lutte contre la corruption sur le territoire national : « l’intérêt de ma présence aujourd’hui à ce Sommet c’est de réitérer mon engagement à doter mon pays d’une administration publique moderne. C’est aussi pour partager mes profondes convictions que l’élan nécessaire au progrès d’Haïti passe surtout par une gouvernance publique saine ». Le dirigeant haïtien a fait savoir que de profondes réformes sont nécessaires et sont désormais engagées en Haïti: c’est la condition du renouveau.Fort du bilan de sa première année de gestion, l’élu du PHTK a indiqué que depuis son accession au pouvoir le 7 février 2017, il n’a cessé d’exprimer sa vision d’une société haïtienne libérée de la corruption. Il se dit animé de la volonté de marquer de façon irréversible les indispensables ruptures pour faire place au développement endogène du pays. L’action engagée par son administration contre la corruption a porté, a-t-il souligné, sur la révision des procédures de passation de marchés pour l’établissement de prix de référence en vue de contrecarrer la surfacturation des contrats. OEuvrant pour le renforcement de la capacité de la Commission nationale de marchés publics (CNMP), Jovenel Moïse a mis l’emphase sur l’organisation systématique de concours pour le recrutement de jeunes cadres en vue de redynamiser la fonction publique. L’indépendance et l’efficacité de l’appareil judiciaire, a-t-il précisé, sont au coeur de ses actions visant la vulgarisation de la culture de reddition de compte dans la sphère de l’administration publique. Exemple pour exemple, en voici un autre et peut-être le plus saisissant de tous, il dit associer étroitement la lutte contre la corruption et la gouvernance démocratique au mieux du développement national.Les 34 pays ayant participé au Sommet des Amériques ont paraphé un accord de 57 points afin de lutter de façon contre la corruption. Cette rencontre continentale dont se raffolent les chefs d’État et de gouvernement du même continent a été marquée principalement par la crise syrienne et le cas du Venezuela (absent à cette assise) - et pour cause!- qui divise encore la région, mais aussi la condamnation générale de l’assassinat crapuleux de trois membres de l’équipe du journal équatorien El Comercio.Tous les États de la région ont pris l’engagement d’assurer la protection des journalistes et toutes personnes enquêtant sur des actes de corruption. Selon Reporters sans frontières, il est urgent de mettre fin à l’impunité. Les bonnes intentions de ce Sommet doivent maintenant se transformer en réalité (sic). Dans le cas du Pérou, le président Martin Vizcarra a promis de le faire sans délai: « Le Pérou va se servir de ce document comme une base pour rédiger des textes de loi et proposer des mesures concrètes dans les prochains jours; nous ferons savoir à la presse quelles actions auront été retenues ». L’accord prévoit également d’améliorer les niveaux de protection des lanceurs d’alerte et de toute personne dénonçant des cas de corruption. Une Alliance régionale contre la corruption a aussi été créée et l’Organisation des États américains (OEA) a plaidé pour de nouvelles règles visant à améliorer la transparence et l’accès à l’information.Le Sommet des Amériques dont les clés diplomatiques ne sont pas à démontrer s’est tenu pour la première fois le 11 décembre 1994 à Miami surnommée « Passage des Amériques » ou « Porte des Amériques ». En raison de ses relations économiques, culturelles et linguistiques avec tout le continent. Il faut rappeler que c’est à l’occasion de cette grand-messe en 2015 qu’une première rencontre officielle avait eu lieu entre Barack Obama et Raul Castro grâce à un accord-cadre, en dépit de l’unanimité de façade dont se targuent des cosignataires dans des instances régionales qui peinent à prendre fait et cause contre la mondialisation de l’indifférence au profit d’une mondialisation solidaire entre les peuples.Aucun secteur politique ou social ne peut seul venir à bout de ces années de gabegie et de gestion du chaos. Il faut donc construire les passerelles qui permettront de refonder une société en lambeaux. Le dialogue national s’impose à tous comme une nécessité historique. Cependant elle ne doit pas être un exercice formel vide de toute substance civique et patriotique.Il est à déplorer les vices de forme dans le montage du projet qui semble à l’origine des retraits de certains commissaires. Nous avons le don de pervertir les meilleures initiatives et de gaspiller les momentums les plus précieux. Le retentissant échec du projet de Contrat social, en 2004, est un exemple saisissant d’un pacte social sacrifié sur l’autel des individualismes forcenés. Aujourd’hui, les États généraux sectoriels menacent de s’enfoncer dans les marécages de l’intolérance et du doute.Haïti a grand besoin pourtant d’une thérapie nationale, une mise en perspective de nos problèmes structurels et des résolutions énergiques pour sortir du marasme de l’humanitaire. Il faut donner toutes ses chances à un vrai dialogue national.Manifestation perpétuelle près de la Faculté d’Ethnologie. Des policiers impassibles n’interviennent pas, mais surveillent. Le pays sombre déjà dans ce rayon de cinq cents mètres. On n’a pas besoin d’aller plus loin pour comprendre, car l’espace physique reflète bien l’état mental des hommes.On remorque des voitures qui stationnent dans certains endroits de cette zone. La facture est salée. L’État bandit, kleptomane, au travail. Le moteur de la corruption est dans cet espace, dans ce centre.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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