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Hausser le salaire minimum!

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Au seuil de la journée internationale du travail le 1e mai, l’épineuse question du salaire minimum refait surface. Les ouvriers du secteur textile réclament une hausse substantielle de 800 gourdes par jour justifiée, selon eux, par la cherté de la vie : corollaire inquiétant de l’inflation et du déficit budgétaire. D’aucuns redoutent les effets d’une éventuelle augmentation marquée du salaire minimum qui pourrait causer des pertes d’emplois massives, du moins à court terme, d’après des analystes.

Au seuil de la journée internationale du travail le 1mai, l’épineuse question du salaire minimum refait surface. Les ouvriers du secteur textile réclament une hausse substantielle de 800 gourdes par jour justifiée, selon eux, par la cherté de la vie : corollaire inquiétant de l’inflation et du déficit budgétaire. D’aucuns redoutent les effets d’une éventuelle augmentation marquée du salaire minimum qui pourrait causer des pertes d’emplois massives, du moins à court terme, d’après des analystes. Hausser le salaire minimum aura un effet positif direct sur la consommation, ce serait bénéfique pour l’économie, de l’avis de certains chercheurs citant l’exemple de la Colombie-Britannique qui a augmenté le salaire minimum de 28%.Le président de la République Jovenel Moïse, lors de l’inauguration d’un bâtiment construit sur 13. 000 mètres carrés à la Société nationale du Parc industriel (SONAPI) le jeudi 15 mars 2018 a déclaré avoir convoqué une importante réunion en vue d’une révision à la hausse du salaire minimum. “S’il y a péril en la demeure, il y a célérité dans l’urgence : un ajustement salarial s’impose », martèlent les ouvriers qui ont repris le travail ce mercredi après une grève d’avertissement qui a agité quelque peu la SONAPI.Le chef de l’État, après avoir assurément évalué ses options quant aux mesures sociales abracadabrantes de son administration et aux lacunes de sa politique de création massive d’emplois, déclare avoir pris la décision de solliciter cette assise afin d’éviter que ce ne soit pas dans la rue que se règle pratiquement la question du salaire minimum par les ouvriers qui sont en droit de réclamer de meilleures conditions de travail.Le Conseil supérieur des salaires (CSS), le patronat et les secteurs syndicaux sont tombés des nues par cette annonce. « Il ne faut pas que ce soit la rue, les émeutes et les destructions de biens d’autrui qui puissent forcer les secteurs concernés à prendre la décision qui s’impose », prévient Jovenel Moïse qui, en réponse aux mouvements de grève et aux manifestations de rue des ouvriers du textile, s’était contenté d’ajouter symboliquement 15 gourdes sur les 335 gourdes proposées par le CSS comme salaire journalier. Ce qui faisait passer le salaire minimum à 350 gourdes. Une décision que des acteurs de la société civile et des organismes des droits humains avaient jugée démagogique.Pour sa part, le syndicaliste Dominique St-Éloi estime que les déclarations de Jovenel Moïse selon lesquelles on ne pourra pas doubler le salaire minimum s’apparentent à de la provocation. « C’est révoltant », estime le coordonnateur de la Coalition nationale des ouvriers haïtiens fustigeant le comportement des responsables qui donnent l’impression de trancher sur l’impossibilité de hausser le salaire minimum.S’exprimant à la radio, Dominique St-Éloi invite les travailleurs du textile à unir leur force pour défendre leurs droits. Depuis août 2017, le salaire minimum d’application dans le pays est dans l’ordre de 290 gourdes pour le personnel de service à domicile, de 400 gourdes dans certains secteurs, dont les institutions financières, les supermarchés et les cabinets médicaux.Des syndicats et ouvriers plus flexibles sont prêts à donner un horizon de quelques années pour parvenir, à partir d’ajustements graduels, au salaire minimum de mille (1000) gourdes par jour tandis que d’autres réclament 800 gourdes et des mesures d’accompagnement qui ne doivent s’apparenter à du paternalisme ou à de l’assistanat.Les plus irréductibles protestataires estiment que Jovenel Moïse a parlé dans son costume de chef de l’État comme s’il tenait à lui et à lui seul de déterminer les planchers salariaux en lieu et place des secteurs concernés (syndicats, patronat, CSS). S’il s’avisait de connaître les seuils salariaux exigés par la conjoncture socio-économique actuelle du pays et définis dans les conventions collectives régulant les rémunérations du salaire minimum conventionnel, il encouragerait les protagonistes à prendre une position de sagesse afin de favoriser le blocage du réflexe empathique au phénomène du « chômage de masse ». Et contribuer à établir la paix des rues.La solution sur le long terme se trouve en amont, sur nos terres que nous devons rendre productives ; dans notre système éducatif qu’il nous faut impérativement relever pour permettre à nos étudiants de rester au pays ; et dans la politique qui doit se réconcilier avec le bien commun.du café de commerce, ennuient et ne desservent pas la lutte légitimepour les droits de la femme. Hélas !Ainsi, avons-nous inventé les métiers des droits de la femme. Lescirconstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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