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À Pedernales, les Dominicains lancent un ultimatum à nos compatriotes pour vider les lieux. Au Chili, le vent semble tourner et commence à poindre le refus de la présence en si grand nombre d’Haïtiens en quête d’emploi. On craint en République dominicaine surtout des actes de violence. On va monter à l’assaut comme d’habitude, dans la presse, dans les réseaux sociaux, de la République dominicaine. Tout pays est souverain en matière de politique migratoire, dans le respect, bien sûr, des lois et des conventions internationales. Mais, dans tout ce qui se passe depuis des années, il y a toujours ce refus dans notre opinion publique de démasquer les véritables responsables de cette situation afin de prendre collectivement les décisions qui s’imposent.

À Pedernales, les Dominicains lancent un ultimatum à nos compatriotes pour vider les lieux. Au Chili, le vent semble tourner et commence à poindre le refus de la présence en si grand nombre d’Haïtiens en quête d’emploi. On craint en République dominicaine surtout des actes de violence. On va monter à l’assaut comme d’habitude, dans la presse, dans les réseaux sociaux, de la République dominicaine. Tout pays est souverain en matière de politique migratoire, dans le respect, bien sûr, des lois et des conventions internationales. Mais, dans tout ce qui se passe depuis des années, il y a toujours ce refus dans notre opinion publique de démasquer les véritables responsables de cette situation afin de prendre collectivement les décisions qui s’imposent. Il semble plus facile de dénoncer les pratiques des étrangers que de se rendre compte de notre état délétère, de notre décomposition permanente tandis que nous continuons à ânonner que nous sommes un grand peuple. Laissons nos ancêtres le dire. Mais au vu de la situation de notre pays, se cantonner à certaines attitudes n’est que le reflet d’une folie qui malheureusement s’incruste en profondeur.Nos compatriotes fuient le pays parce qu’il n’offre rien. Ils fuient aussi parce que, comme dans un jeu de boomerang, la faiblesse de leur instruction pour ne pas dire l’absence d’instruction tout court, la misère ne leur permet même pas de prendre une décision au moment crucial du vote pour placer à la tête de l’appareil d’État une équipe capable de s’atteler à changer les conditions de vie de la population. Des groupes, des maffias perpétuent un État kleptomane, “kokorat”, création de l’instinct pratiquement génocidaire de ces affranchis qui ne pensaient qu’à remplacer les colons français. Cette population que les nouveaux maîtres haïssent n’a de valeur à leurs yeux que si elle peut servir de bétail ou si elle peut envoyer un pécule au pays de l’étranger étant, pécule qu’on peut rafler au passage et qui peut devenir un véritable pactole si le nombre de ceux qui quittent est grand.Si ceux qui partent ont une valeur monétaire pour nos rentiers, le problème aussi c’est qu’ils trainent avec eux l’absurde négation de l’humain que leur a inculqué notre système politique. Chez nous, une fois les riches réfugiés dans leur nid, l’extérieur peut fonctionner en plein chaos. Le bruit par exemple est partout. N’importe qui peut faire du bruit, gêner son voisin sans que celui-ci ne pense même pas à protester auprès d’une autorité, de toute manière inexistante. Le tapage nocturne n’est pas un problème chez nous. Alors le bruit et le tapage ou pense pouvoir l’exporter. Les conditions insalubres de logement, les problèmes sanitaires qui semblent laisser indifférents nos dirigeants, une grande partie de notre population ne connait que ce modèle. On vit sa misère ici. On l’exporte aussi. L’ignorance de la masse, voulue par nos stratèges de l’absurde, nous détruit chez nous, mais, aussi chez les autres. Cette ignorance crasse nous engloutit et nous revient à la figure comme un boomerang qu’on n’est même pas capable d’attraper.Il y a plus d’une dizaine de milliers d’étudiants haïtiens dans les universités en République dominicaine. Il n’y a pas une dizaine d’étudiants dominicains dans les universités haïtiennes. Quelles universités haïtiennes ? On pourrait parler aussi de ce qu’on a fait de l’argent du PetroCaribe ici et en République dominicaine. Des constatations effarantes, il y en a plein qu’on peut faire, qui montrent comment il est urgent, comme on le dit dans notre bon créole, « pou n sispann ranse ».L’immigration massive de nos jeunes vers le Chili est vécue aujourd’hui comme un vrai désastre national. Un des moyens d’arrêter l’hémorragie est de créer des emplois et redonner foi dans l’avenir à des jeunes désespérés en attirant au pays des investissements directs de l’étranger. Or tout ceci ne peut se mettre en place sans stabilité, sans respect de la propriété privée, sans la modernisation d’une administration publique déficiente. Tant que se poursuivront les cas délictueux d’occupation illégale de terrain, de nominations sauvages dans l’administration publique génératrices de grèves à retardement, le climat social sera toujours en mode avis de tempête. Et les investissements s’éloigneront de nos frontières comme on fuit la peste.La grève des douaniers et celle des enseignants de l’école publique paralysent deux secteurs stratégiques du pays. Il s’agit dans ce cas comme dans d’autres des conséquences cumulées de l’irresponsabilité étatique, du comportement arbitraire de certains élus qui n’ont eu de cesse au fil des ans de gonfler les effectifs de nos différents ministères. Une situation qui dépasse nos maigres ressources budgétaires et qui transforme en vaine tentative les initiatives de l’Office chargé de reformer et de moderniser le secteur public.Les grèves sont des actions de dernier recours autorisées par les lois de la république pour favoriser les négociations entre groupes opposés du corps social. Il importe que les différentes parties fassent preuve de responsabilité dans la gestion de ces conflits à répétition qui a très court terme paralysent des secteurs entiers de l’économie.Les autorités doivent se montrer plus fiables dans le respect de la parole donnée et les syndicats plus crédibles dans l’usage d’une arme qui peut se révéler à terme fatale dans une économie déjà exsangue.traditionnelles de déshumanisation des femmes haïtiennes pauvres et paysannes. Ce n’est pas que toutes les initiatives soient vaines, mais les services et les discours proposés par ces militantes, philosophesdu café de commerce, ennuient et ne desservent pas la lutte légitimepour les droits de la femme. Hélas !Ainsi, avons-nous inventé les métiers des droits de la femme. Lescirconstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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