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Éditorial

Les horizons troubles

Les horizons troubles

Désormais, toutes les transactions sur le territoire national devront s’effectuer en monnaie nationale. Plus question d’afficher les prix en dollars US. On n’aurait même pas dû avoir à prendre une telle décision. Mais avec nos turpitudes, tout devient sens dessus dessous. Quelles seront les conséquences de cette décision sur la gourde ? On devra attendre pour savoir. Mais on sait surtout que la valeur d’une monnaie dépend avant tout de la production nationale qui va avec la bonne gouvernance assurant la confiance aux marchés.

Désormais, toutes les transactions sur le territoire national devront s’effectuer en monnaie nationale. Plus question d’afficher les prix en dollars US. On n’aurait même pas dû avoir à prendre une telle décision. Mais avec nos turpitudes, tout devient sens dessus dessous. Quelles seront les conséquences de cette décision sur la gourde ? On devra attendre pour savoir. Mais on sait surtout que la valeur d’une monnaie dépend avant tout de la production nationale qui va avec la bonne gouvernance assurant la confiance aux marchés.Horizon trouble aussi avec les sempiternelles agitations dans le secteur éducatif. L’État a toujours du mal non seulement à offrir des conditions de travail acceptable pour les enseignants, mais aussi à faire en sorte que l’école publique soit un lieu fréquentable par nos jeunes. On sait dans quel lamentable état se trouvent nos écoles nationales. De dire qu’elles sont à l’image de notre gouvernance, n’arrange pas les choses.On aura beau recourir à toutes les arguties, on n’arrivera jamais à convaincre le moindre esprit honnête qu’il y a, pour un gouvernement, plus d’intérêt à dépenser des dizaines de millions de gourdes dans des festivités sans intérêt pour la nation. La danse et le tambour dans ces conditions ne nous rapportent rien alors que ces mêmes sommes pourraient être mises à la disposition de notre système éducatif et de notre système de santé. Nos parlementaires se travestissent en agent de développement au vu aussi des sommes que l’État met à leur disposition. Dans ce cas, il serait vraiment temps de revoir notre constitution pour remplacer nos trois sénateurs par un gouverneur qui aurait cette responsabilité du développement départementale et de s’en tenir à une chambre des représentants en s’assurant que cette dernière se cantonne uniquement au législatif.L’horizon est aussi assombri avec l’affaire du scandale des Fonds du PetroCaribe. Ce qui important de savoir, c’est ce qu’on a fait pour la nation avec cet argent. La République dominicaine, en pleine lutte contre la corruption, joue la transparence et est quand même fière de montrer ce qu’elle a réalisé avec l’aide vénézuélienne. Chaque année qui passe, nos voisins exhibent de nouvelles réalisations. Nous, nous restons campés uniquement sur nos positions passéistes, notre présent défiguré par une gouvernance pratiquement niveau zéro parce que constamment prise d’assaut par des groupes qui fonctionnent comme les bandes de hors-la-loi rançonnant les villes dans les bons vieux westerns d’antan.Ripailler pendant que le pays bat de l’aile est devenu un exercice convoité par plus d’un. La corruption n’est pas un fait de chez nous même si nous affichons dans ce domaine une santé remarquable. Mais notre problème va au-delà de la corruption. Il y a quand même une différence énorme entre un corrompu qui rêve de dépenser son argent dans un théâtre moderne en assistant à un spectacle de qualité et le corrompu qui se plait à manger un mauvais griyo faisandé assaisonné de poussière sous une tonnelle. Le kokorat réclamant sa tonnelle, et aux commandes de la république ! Voici le drame de notre pays !Mais ce dossier relève aussi de la justice, ne serait-ce que pour laver l’honneur de ceux qui se sont trouvés malencontreusement victimes d’un mauvais fonctionnement de l’appareil d’État. La société a un droit imprescriptible de comprendre ce que font ses gouvernants, loin du « kase fey kouvri sa » prôné par des secteurs proches du pouvoir ou d’une éventuelle vendetta de groupes hostiles au pouvoir.Donc il s’agit certes d’un dossier politique, mais aussi qui relève de la moralité publique, du droit de nous tous à comprendre ce qui s’est vraiment passé. Toute résistance en bloc à faire la lumière sur cette affaire ‘’équivaut à enfouir une mine antipersonnelle sous les pieds d’un régime en quête permanente de légitimité.Un autre débat qui domine l’actualité est cette décision d’adopter la gourde comme monnaie unique d’échange. Une mesure nationaliste et nécessaire qu’il est de la responsabilité de la banque centrale d’en mesurer l’impact sur l’économie haïtienne. On doute fort que cette dédollarisation de l’économie puisse simplement se décréter ? Un véritable consensus sur les voies et moyens pour y parvenir est nécessaire, y compris en concertation avec les différents secteurs économiques concernés.Concernant ce sujet d’intérêt national, rien ne vaut donc le consensus, le vrai. Seul lui peut aider le gouvernement lorsqu’il veut remettre les pendules à l’heure dans sa coopération avec l’International, sans forfanterie ou donquichottisme.Sans base sociale, le pouvoir peut se retrouver autoritaire et solitaire. On en a déjà fait en maintes fois, ici et ailleurs, l’amère expérience.Nous ne demandons qu’à croire, qu’à donner raison à notre diaspora. Mais, d’où qu'elles viennent toutes les déceptions se valent.

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