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La Caravane ne finit pas de passer !

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La Caravane présidentielle s’ébranle péniblement en direction du département de l’Ouest. Depuis que le pouvoir en place a misé sur cet attelage d’engins lourds censés creuser les sillons du développement, les observateurs sont attentifs à son passage et aux nuages d’espoir qu’elle soulève. Toutefois, un certain scepticisme demeure en ce qui a trait à la fiabilité et la durabilité d’un tel projet, quand on connait nos lacunes séculaires en matière de suivi.

La Caravane présidentielle s’ébranle péniblement en direction du département de l’Ouest. Depuis que le pouvoir en place a misé sur cet attelage d’engins lourds censés creuser les sillons du développement, les observateurs sont attentifs à son passage et aux nuages d’espoir qu’elle soulève. Toutefois, un certain scepticisme demeure en ce qui a trait à la fiabilité et la durabilité d’un tel projet, quand on connait nos lacunes séculaires en matière de suivi. L’appareil d’État en dépit des réformes annoncées ne parvient pas encore à jouer son rôle d’opérateur efficace de développement. Au contraire son mode opératoire est programmé pour faire échec à la modernité et au maintien de l’exclusion (voir l’édito de G. Victor : nos papiers)L’Administration publique haïtienne est traversée de courants contradictoires : il y a d’un côté, les modernes qui souhaitent tant soit peu introduire un nouveau type de management basé sur une certaine rationalisation dans la perspective d’une meilleure efficacité, et de l’autre ceux qui maîtrisent les ruses d’une gestion traditionnelle et qui savent pertinemment que les réformes ne sont que « bri sapat » ou tout simplement des exercices en futilité destinés à la consommation externe. Deux cultures différentes donc. Cependant il faut bien croire que les tenants de la tradition ne veulent pas lâcher le morceau puisqu’aucune réforme digne de ce non n’a su jusqu’ici s’imposer. Pourtant depuis quelque temps, on ne compte plus les colloques et autres séminaires autour de la « modernisation » de nos services publics. Mais les mêmes défaillances et approximations demeurent, comme s’il s’agissait d’une seconde nature. Il faudra bien plus que des symposiums pour inverser cette lourde tendance à la reproduction de pratiques surannées. La volonté politique et la mise en place de structures administratives soucieuses de résultats allant jusqu’à sanctionner l’inefficacité et le népotisme sont les conditions nécessaires pour une vraie réforme de l’État.Le suivi des activités de la Caravane présidentielle implique un renforcement de nos institutions sur le terrain, seule manière d’assurer la continuité des projets. Il implique aussi la participation des citoyens qui doivent en comprendre les tenants et aboutissants : d’où la nécessité pour les dirigeants de faire montre de la plus totale transparence quant à la gestion du portefeuille du projet. Nous vivons dans une société vulnérable, traumatisée par des scandales de corruption à répétition et où la méfiance est la chose du monde la mieux partagée. Aussi importe-t-il qu’un vigoureux travail de déminage du terrain politique soit accompli à travers les États généraux annoncés par la présidence de la république.Toujours est-il que ces assises doivent être organisées de manière à donner confiance aux secteurs qui veulent bien y participer afin que la montagne n’accouche pas encore une fois d’une souris. Pour sortir notre pays du bourbier du sous-développement, il faut aussi un engagement des leaders économiques particulièrement silencieux depuis leur dernière conférence de presse autour de la problématique des nouveaux parcs industriels.Pour le moment, le train du développement peine à sortir de la gare. Une majorité de citoyens n’ont pas beaucoup d’espérance quant à l’itinéraire et d’assurance quant à son arrivée à destination ! Ils croient que le pouvoir ne fait qu’accumuler des promesses avec lesquelles ils ne pourront pas faire leur marché.L’arrivée de la Caravane avec son bras mécanique peut signifier la fin du cauchemar pour les municipalités qui croulent sous le poids des détritus. Encore faudrait-il qu’elle fasse émerger de véritables politiques de salubrité. Les opérations type « lave figi potoprens »ne sont que cautère sur jambe de bois.À un moment où les déclarations humiliantes du président américain entraînent pour notre pays une vague de sympathie internationale, la présence en Haïti de célébrités et de journalistes désireux enfin de montrer les beautés jusque là occultées de notre île sont une opportunité à ne pas gâcher en vue d’améliorer le paysage urbain d’un pays certes pauvre, mais digne.L’adjectif « sectoriel » peut tout compliquer en transformant les États généraux sectoriels en champ de bataille d’experts et d’opérateurs avisés. En principe, ces types d’évènements, déjà rares dans la vie des peuples, n’ont de légitimité que quand ils sont portés par des citoyens de diverses origines sociales qui prennent le temps de parler pays sans prendre en compte leurs intérêts de groupe et leurs petits privilèges.Nos délégués sauront-ils proposer de nouvelles idées pour aiguillonner et placer le train de l’État sur de nouveaux rails ?Tout reste possible : espérance, indulgence et désillusion.

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