Le double défi du 17 octobre
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Quoiqu'on dise, il existe un réveil des consciences depuis le déclenchement du Petrocaribe challenge. Ce vaste mouvement parti de la société civile et qui, sur la base d'une lancinante interrogation « kote kob Petrocaribe a ? », exige une reddition de compte des responsables politiques qui ont été aux affaires ces dix dernières années. Cette mouvance devient ainsi l'écho de multiples revendications qui germent dans une société à bout de souffle. D'un point de vue sociologique, il ne s'agit pas des agitations habituelles d'une opposition politique désirant faire capoter un régime dans le seul but de trôner à la table du festin gouvernemental. S'il existe certes, comme dans toute conjoncture « boueuse », des infiltrés, ou d'éventuels casseurs, cette clameur publique et ces marcheurs déterminés qui foulent au quotidien le macadam de nos villes insalubres envoient eux, un tout autre message. On entend des voix qui s'élèvent pour que soient asphaltées des routes poussiéreuses, des chemins de piste qui gênent la circulation des personnes et des marchandises ; des élèves qui réclament de meilleures conditions de travail dans les écoles ; des jeunes diplômés qui exigent que se dissipent enfin les nuages qui obstruent leur horizon professionnel. Un jeune animateur du Petrocaribe Challenge s'est confié en ces termes au journal « Ceux qui ont détourné l'argent de Petrocaribe ont abusé de deux peuples : le peuple vénézuélien et le peuple haïtien.
Quoiqu'on dise, il existe un réveil des consciences depuis le déclenchement du Petrocaribe challenge. Ce vaste mouvement parti de la société civile et qui, sur la base d'une lancinante interrogation « kote kob Petrocaribe a ? », exige une reddition de compte des responsables politiques qui ont été aux affaires ces dix dernières années. Cette mouvance devient ainsi l'écho de multiples revendications qui germent dans une société à bout de souffle. D'un point de vue sociologique, il ne s'agit pas des agitations habituelles d'une opposition politique désirant faire capoter un régime dans le seul but de trôner à la table du festin gouvernemental. S'il existe certes, comme dans toute conjoncture « boueuse », des infiltrés, ou d'éventuels casseurs, cette clameur publique et ces marcheurs déterminés qui foulent au quotidien le macadam de nos villes insalubres envoient eux, un tout autre message. On entend des voix qui s'élèvent pour que soient asphaltées des routes poussiéreuses, des chemins de piste qui gênent la circulation des personnes et des marchandises ; des élèves qui réclament de meilleures conditions de travail dans les écoles ; des jeunes diplômés qui exigent que se dissipent enfin les nuages qui obstruent leur horizon professionnel. Un jeune animateur du Petrocaribe Challenge s'est confié en ces termes au journal « Ceux qui ont détourné l'argent de Petrocaribe ont abusé de deux peuples : le peuple vénézuélien et le peuple haïtien.
C'est pour cela que nous demandons à tous les Haïtiens de prendre part, pacifiquement, sans provocation, à la marche du 17 octobre ». Quand nous lui avons demandé si les organisateurs avaient pensé aux provocations qui pourraient faire dévier le mouvement de ses objectifs pacifiques et démocratiques. Il nous fit la réponse suivante reprenant un slogan propre au mouvement « nou pap chèche kont, se kont n ap mande ». Ces leaders génériques d'un mouvement patriotique et généreux arriveront-ils à contourner les pièges de ceux qui veulent transformer des revendications aussi claires que l'eau de roche en un torrent boueux et sanguinolent ? La question est ouverte et constitue un énorme défi que la marche du 17 octobre doit relever. Trop souvent, malheureusement, l'indifférence séculaire des pouvoirs publics encourage les comportements déviants de manifestants illuminés.
Les « indignés » Haïtiens s'insurgent contre une forme séculaire et faillie de gouvernance qui fabrique l'exclusion ; l'insécurité foncière, vaste repoussoir des investissements privés ; le trafic d'influence via les sociétés-écrans ; le banditisme urbain qui constitue une épine douloureuse et mortelle dans les talons de nos policières et policiers. Sans oublier une justice moribonde que le bâtonnier de l'Ordre des avocats n'a cesse de dénoncer. Il y a d'un côté, un peuple accablé par de trop longues années de politiques néfastes et de l'autre, un appareil d'État faible, générateur de scandales judiciaires et/ou financiers. Narcissique pour ne pas dire schizophrène, cet État oublie le rôle qui est le sien, celui de défendre la nation et de protéger les plus pauvres. Ce fossé qui sépare une république « scandaleuse » et des citoyens en détresse est aussi dangereux que les nombreuses failles géologiques qui dorment trompeusement sous nos pieds. Assailli par les problèmes structurels et les récentes alertes géologiques et climatiques, sans appui conséquent de la communauté internationale, le régime politique haïtien défaillant et usé jusqu'à la corde expose son dénuement et son impréparation au monde entier. Le résultat de cette paralysie est un peuple voué « aux dents de la mer » et aux gémonies de ses voisins. L'Haïtien est vu aujourd'hui dans le monde, comme un parasite qui vient « bouffer » le pain des autres. Il est perçu comme un « envahisseur » qui vient ensemencer et peupler des terres clémentes. Dans les aéroports du monde, le passeport haïtien attire la suspicion des agents frontaliers. Il y a des ultraconservateurs chez nos voisins immédiats qui rêvent d'ériger un mur pour se protéger de ce qu'ils appellent l'invasion haïtienne. Des citoyens ont toujours du mal à obtenir leur carte d'identification nationale depuis plusieurs mois qu'ils ont déposé leurs pièces. D'autres attendent dans de longues lignes sous le soleil de pouvoir bénéficier d'un service minimum. Si nous traitons nos concitoyens avec si peu de considérations, comment espérer un traitement différent des étrangers vis-à-vis de nos compatriotes ? Toutes ces revendications et d'autres constituent le cahier de charge de citoyens engagés résolus à faire entendre leur voix. Nous insistons pour que les Indignés de Petrocaribe soient plus circonspects pour sauvegarder la crédibilité de leur mouvement, gage de sa moralité. Il faut souhaiter que cette noble bataille pour le droit et la justice ne soit polluée par des princes de l'ombre, à quelque bord qu'ils appartiennent, qui veulent, en faisant régner la peur sur la ville, nous ramener par le fer et le feu à leur agenda traditionnel.
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