Covid 19 : une nouvelle vague très menaçante !
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La deuxième vague de la pandémie de la Covid-19 frappe lourdement à nos portes. Elle est d’autant plus surprenante que le pays, quelque peu isolé sur le plan touristique, ne reçoit pas beaucoup de visiteurs. Nombreux sont ceux qui pensent que notre faible exposition au monde nous rendait moins vulnérables.
Mais la Covid-19 a montré qu’il était un phénomène globalisé. Son mode de transmission est rendu plus aisé à travers les flux de transports devenus plus rapides et efficaces par les mécanismes de la mondialisation. Lors de la première vague, le calendrier politique avait permis au gouvernement de lancer tôt, l’état d’alerte contre la menace. On peut même affirmer que la mise en place rapide d’une commission scientifique, de diffusion massive de spots avait bon an mal an sensibilisé une partie importante de l’opinion publique. Les Haïtiens ont pu aussi faire la preuve qu’il existait des plantes dans la pharmacopée populaire qui permettaient de combattre plus ou moins efficacement le terrible virus.
Dommage qu’en dehors du rapport de la Commission Rouzier, il n’y a eu aucun financement et de suivi au niveau de la recherche universitaire en vue d’une investigation plus profonde et une standardisatisation des procédés thérapeutiques existants dans la médecine populaire.
Seulement le « tueur » a plus d’un tour dans son sac ! Il se présente de nos jours, sous forme de « variants », les uns plus contagieux que les autres. La deuxième vague, qui a atteint nos rives depuis quelques semaines, trouve les autorités occupées, cette fois-ci, par un nouvel agenda politique. Le référendum et le projet de nouvelle constitution vont dans les prochains jours envahir l’actualité politique. Un programme de communication plutôt massif est mis en place pour donner cette impression que le processus est on ne peut plus « démocratique ».
Des communiqués du ministère de la Santé et des interviews du Dr Bill Pape, quelque peu esseulé, sont les seules données disponibles sur la progression des variants qui auraient pénétré notre territoire.
Un écueil, que nous devrions franchir tôt ou tard, est la question de la vaccination. Un procédé largement impopulaire chez nous. Pas seulement à cause des théories complotistes qui accusent les vaccins de tous les maux du monde, mais aussi, et surtout en raison de certaines expériences tentées jadis sur des êtres humains, particulièrement des femmes devenues stériles, suite à de douteuses expériences en Afrique et en Amérique latine. La déclaration sur la chaîne française « LCI » il y a quelques mois de Jean Paul Mira, chef de la réanimation à l’hôpital Cochin de Paris, n’a pas arrangé les choses : « Si je peux être provocateur, est-ce qu’on ne devrait pas faire cette étude en Afrique où il n’y a pas de masques, pas de traitements, pas de réanimation…Chez les prostituées, on essaye des choses parce qu’on sait qu’elles sont hautement exposées et qu’elles ne se protègent pas ».
L’histoire des essais cliniques sur les « corps de peu d’importance » a assombri la genèse de certaines découvertes scientifiques.
Toutefois, nous sommes loin d’une telle situation avec les vaccins contre la Covid. Puisque les pays occidentaux sont les premiers à vouloir protéger leurs populations en faisant la course aux vaccins. Cependant, certaines parties de l’opinion ne font pas confiance aux grandes boîtes pharmaceutiques et les rares complications létales, provoquées par certains vaccins comme l’Astra Zeneca, ne sont pas pour arranger les choses.
Quoi qu'il en soit la vaccination va devenir un impératif stratégique à moyen terme. D’abord parce qu’il faudra protéger l’ensemble de la population incapable de suivre les fameux gestes barrières, mais aussi il nous faudra rester sur la carte du monde en tant que destination ou lieu de départ.
Ce n’est pas un problème facile à résoudre, puisque la peur du vaccin (raisons historiques obligent) risque chez nous d’être plus grande que celle d’attraper la maladie. Et pourtant, l’urgence est telle que dans certains pays voisins comme Cuba, on vaccine avant même la fin des essais cliniques. Le mercredi 12 mai, selon le site de France 24, les habitants de plusieurs quartiers de La Havane recevaient leur première dose d’Abdala, l’un des deux candidats-vaccins cubains en phase 3 d’expérimentation.
Toujours est-il que chez nous, nous sommes mal préparés pour faire face à ce nouveau défi que nous pose la pandémie, en raison de la balkanisation de la société et des priorités actuelles des dirigeants.
Roody Edme
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