Haïti brille par le sport et la culture
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Grâce à l’éloquence d’une jeune étudiante haïtienne et aux talents sportifs de l’équipe de Léogane, les couleurs d’Haïti brillent un peu partout dans le monde en ce mois mai. Ces triomphes coïncident avec la fête du Drapeau national haïtien, mais également avec la Journée mondiale de l’Afrique commémorée le 24 mai, et le premier anniversaire de l’assassinat de Georges Flyod, le 25 mai 2020, ayant mobilisé de grandes vagues de protestations dans le monde pour dénoncer les violences policières contre les Noirs aux États-Unis.
Deux bonnes nouvelles bouclent ainsi la journée du 25 mai 2021 de la première République noire indépendante dans ce monde multiculturel, dont la survie dépend de la promotion des valeurs de tolérance, de la reconnaissance et du respect de la Convention internationale sur la diversité culturelle.
Deux leviers indispensables ou même incontournables dans la matérialisation des rêves des milliers de jeunes haïtiens, qui souhaitent, par tous les moyens, se construire une place à partir de leurs talents sur la scène locale et internationale. Le sport et la culture confirment, une fois de plus et non de trop, dans ce nouvel ordre mondial, parmi les secteurs d'activités qui obligent souvent la mobilité des talents entre les frontières.
Rose Lumane Saint-Jean vient d’inscrire sa voix dans l’excellence de l'éloquence francophone. On aura compris que la jeune femme, très médiatisée au cours des dernières semaines, s’est trouvée une place dans le cœur des Haïtiens avec son intelligence, son élégance, affirmée subtilement entre le dire et les gestes, et surtout sa grande force intellectuelle.
Cette jeune femme, source de fierté pour plus d’un, depuis sa pre-séléction, a su convaincre un large public pour remporter le Prix du public TV5 Monde au concours international d’éloquence. Ainsi, Rose Lumane Saint-Jean vient de gagner ses nouvelles épaulettes sur le champ de bataille, en parvenant à emporter l’adhésion d’un si grand nombre de votants au-delà des attentes, certainement plus exigeante, des membres du jury.
Dans la région Caraïbe mosaïque, et plus proche de nous, au stade olympique Félix Sanchez à Santo Domingo en République dominicaine, les messieurs de l'équipe de football originaire de la ville de Léogâne, sous les couleurs de l’AS Cavaly, se sont imposés en finale, le 25 mai 2021, contre l’équipe des Surinamiens de Inter Moengo Tapoe, (3-0), à la finale du tournoi des champions de la Caraïbe.
Derrière la victoire en finale de l'équipe de Lille, championnat français de football cette année, il y a bel et bien les noms de Jonathan David et de Mike Maignan, ces vedettes internationales, dont les parents sont Haïtiens, qui s'ajoutent dans cette belle série de célébrations qui bouclent le mois de mai 2021. Toutes ces victoires à l'échelle internationale n'ont pratiquement en commun qu'un mot clé qui n'est autre que la « Préparation », indispensable pour aboutir à de telles performances sportives et culturelles !
Deux bonnes nouvelles qui tombent pratiquement au bon moment, en ces temps sombres qui couvrent le ciel haïtien. Haïti brille ainsi une fois de plus par le sport et la culture. Ces deux domaines méritent plus d’attention auprès des politiques et plus d’investissement de la part des élites économiques du pays.
Deux victoires qui invitent tous les médias du pays, et les directeurs d’opinion en particulier, à offrir plus de place dans les débats constructifs qui doivent influencer les rêves et l’avenir de la jeunesse active en Haïti. Combien d’autres Rose Lumane Saint-Jean qui se découragent chaque année par l’absence de compétitions locales organisées pour stimuler leurs talents ? Combien d’autres joueurs de football, encore plus brillants que ceux de Cavaly qui, par manque d'encadrement, ont choisi les rangs des gangs pour entendre citer leurs prénoms, noms ou pseudos dans les médias et bénéficier de l’attention du public même par peur ?
De la culture sportive pour canaliser les énergies et faire briller les jeunes des jeunes, de la créativité à travers l’intelligence et l'éloquence pour offrir d’autres alternatives à ceux-là qui ne veulent pas courir sur des terrains de jeux, telles les sont les deux voies, parmi d’autres, qui devraient servir de repères socioculturels, de réponses politiques, et de représentation positive de la jeunesse haïtienne sur la scène internationale.
De la terre brûlée qu’est devenue Haïti de nos jours, sachant que presque tous les terrains sont quasiment minés, le sport dans sa globalité, et la culture dans sa diversité et ses représentations demeurent les deux principaux leviers d’investissements pour des dirigeants qui souhaitent faire briller le pays de façon durable, sans briser les rêves de la majorité.
Dominique Domerçant
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