Trop de batailles à mener, on ne sait par où commencer. Trop de consciences à éduquer, on risque de se fatiguer. Un pas en avant, deux pas en arrière ! Le chemin vers la démocratie et le bonheur parait plus sinueux qu'on ne le croyait. Les décideurs confus et les citoyens désorientés laissent le champ libre aux pires incuries. Le pays se perd.
L'importante levée de boucliers en faveur de la reddition des comptes qui a marqué la vie sociopolitique ces dernières années faisait croire à l'approche d'un renouveau. Le rôle des institutions républicaines semblait être une leçon trop bien apprise pour qu'on ait à la faire répéter. La campagne d'éducation civique dont l'opportunité n'appelle plus aucun doute devrait peut-être s'adresser davantage aux dirigeants qu'aux dirigés.
On le disait souvent, mais les conjonctures ont rarement été aussi édifiantes. « Haïti est le pays des contrastes ». Les longues luttes menées pour le respect des droits de la personne seraient en train de se réduire à une peau de chagrin. Quarante ans après la grande marche du 3 avril 1986 pour l'émancipation des femmes, les forces saines de la nation se trouvent encore en train de se battre à expliquer que le viol est un acte contraire aux libertés individuelles.
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