On se rappelle des policiers abattus par les bandits lors d’une attaque menée par la PNH contre le Village de Dieu. Les corps de ces policiers avaient été profanés et leur famille, semble-t-il, ne les avait pas récupérés. Il n’y avait aucune réaction sérieuse du gouvernement et même de la PNH. On a peut-être été plus intéressé à mener des négociations avec les bandits pour récupérer… un blindé. La population avait pris très mal l’attitude du gouvernement, mais les gouvernements chez nous ne font pas trop cas des sentiments des citoyens. Dans d’autres pays, la hiérarchie aurait fait plus attention, car, solidarité de corps oblige, ceux qui se battent sur le terrain, qui offrent leur poitrine à l’ennemi, n’aiment jamais que l’on considère leurs camarades tombés au combat comme des moins que rien. Surtout s’il y a eu traitrise ou complicité en haut lieu. La colère de la troupe est toujours politiquement dangereuse et peut déboucher sur n’importe quoi.
L’épisode des soldats salvadoriens disparus alors qu’ils étaient allés faire des achats dans un marché, probablement capturés ou tués par les gangs, montre comment un gouvernement dans son discours et aussi dans ses actes défend ceux qui doivent protéger un pays. Le plus étonnant et le plus risible, c’est que le gouvernement haïtien emboite le pas. Les Salvadoriens ont la réputation d’être très sensibles à leur honneur et d’une rancune tenace. Ils poursuivront jusqu’au bout, même pendant des années, des responsables de cet acte et même leur complice au sein de l’État haïtien et de la police. Ils ne renonceront pas même sous les diktats de Wachington ou des Nations-Unies, voire du gouvernement haïtien. On sait qu’à chaque fois une compétence au sein de la Police nationale a commencé à avoir des résultats tangibles dans la lutte contre les gangs, on se dépêche de le transférer.
Ce n’est pas donc une situation qui peut être gérée facilement par le gouvernement. Toutes ces années sans résultats tangibles dans la lutte contre les gangs prouvent qu’au niveau de l’appareil étatique, au niveau même de la société, il y a de grandes complicités. C’est un cancer qu’il faut traiter. Les métastases ne sont pas trop loin.
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