De scandale en sandale
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Les scandales se renouvellent et se suivent sans que cela semble gêner ceux dont la mission devrait être de mener a bon port la barque nationale. Un professeur giflé par un policier, des millions dépensés pour une fête du drapeau alors que cet argent aurait pu servir à assainir une aire métropolitaine envahie par les déchets, des nominations qui frisent le pire népotisme et la corruption généralisée… Nous pourrions encore être loin du compte.
A quoi peuvent servir nos livres d’histoire glorifiant les exploits de nos ancêtres quand aujourd’hui leur héritage est aussi galvaudé par un ramassis d’hommes et de femmes qui n’ont que faire de la notion de patrie ? On ne cessera de le répéter. Notre pays aurait dû être au-devant de toutes les luttes pour l’émancipation des peuples noirs. Alors que de jeunes dirigeants africains émergent et luttent pour changer la donne, affichant clairement leur volonté de participer à la construction d’un monde multipolaire en compagnie de nations sud-américaines et asiatiques, le pouvoir en Haïti reste aux mains d’individus affichant une servilité sans pareille envers ceux qui ne nous ont jamais marchandé leur mépris.
Le problème qu’ont cependant ceux qui veulent nous asservir totalement, nous transformer en un zoo sujet d’études pour les experts en sciences sociales, c’est que les domestiques choisis ne sont pas à la hauteur de l’œuvre de destructions. Car il faut tout entreprendre avec doigté, avec une certaine finesse souvent. Par exemple, le référendum pour la nouvelle constitution, une totale aberration du point de vue de droit le plus basique, n’a pas pu se tenir ce mois de mai. Il n’y aura pas d’élections devant permettre l’installation d’un nouveau gouvernement en février 2026.
Il faut quand même être lucide. Le seul à payer les pots cassés de ce chaos et de cette violence perpétuelle est le peuple et les classes moyennes. Ceux qui profitent de la situation, donc de la transition, sont nombreux. Surtout sans transition, ils n’auraient aucune chance de s’approcher de l’espace du pouvoir, car leurs chances sont inexistantes dans le cas d’élections libres et démocratiques.
Il y a donc un problème important à résoudre. Comment convaincre ceux qui bénéficient de la transition de passer à l’étape démocratique ? Va-t-on tricher pour que les élections permettent aux «transitionnaires» de rester en poste ? Ceux qui resteront des gangs après les actions cosmétiques de la Police nationale serviront-ils à exécuter un plan préparé en ce sens ?
De scandale en scandale, le peuple descend l’escalier vers le gouffre, les nantis montent les marches vers le ventre plein «ragagann» comme aurait dit le poète.
Gary Victor
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