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Éditorial

Le salaire de l’incompétence

Le salaire de l’incompétence

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Que doivent-ils se dire, les membres du Conseil Présidentiel de Transition ?

Quand ils savent que Mirebalais est aux mains des bandits.

Quand Kenscoff et tout Fermathe sont dans la tourmente.

Quand Port-au-Prince est détruit et réduit à une peau de chagrin.

Que doivent-ils se dire quand la situation du pays se dégrade jour après jour alors que, de ce pays ils en ont la direction ?

Le CPT n’a rien à son actif, car rien ne s’est amélioré et tout se dégrade.

La PNH réagit souvent tardivement, à la dernière minute. Mais, vu qu’on est habitué au scénario de la quasi-livraison d’une zone aux bandits, les citoyens ont le droit d’être sceptique.

Mais tout ce beau monde dans ce pouvoir factice se satisfait d’une chose.

L’appui de la Communauté internationale. L’appui des Nations unies.

Pour quelle raison d’ailleurs la communauté internationale apporte-t-elle son appui a un pouvoir se révélant totalement incompétent en la matière ?

Nous sommes descendus bien bas nous de ladite première république noire du monde, avec des dirigeants qui attendent les directives du « Blanc » pour prendre des décisions qui vont toujours à l’encontre des intérêts du peuple haïtien.

Qu’attendent les dirigeants actuels pour reconnaître leur échec ?

Que le pays entier soit détruit, pillé, incendié ? Qu’on commence à massacrer dans le modèle de Pol Pot ou du Rwanda ?

Parce que, quand on incendie, on pille, quand on détruit des hôpitaux, des écoles, des universités, des bibliothèques, on est au stade de la pire sauvagerie.

Certes, on peut comprendre que la frustration de ceux qui ont vécu le mépris de cette société, l’abandon de l’État pris en otage par des groupes anti-nationaux, provoque une colère qui peut avoir la force d’un tsunami. Mais on ne détruit pas des infrastructures qui peuvent être mises à la disposition de ceux qu’on a ignorés jusqu’à présent. Ce qui est écoeurant, c’est qu’il y a des haïtiens ici et en diaspora qui bavent de plaisir quand ils entendent ces destructions qu’ils considèrent comme un baume sur leur frustrations. Wòch nan dlo pra l konn doulè wòch nan solèy !

On a entendu un leader politique frisant l’idiotie déclarer qu’on devait tout détruire pour reconstruire par la suite.

Mais quand on a le cerveau dans la boue, la tête sous la tonèl, que peut-on reconstruire ? Rien.

Au rythme où vont les choses, notre pays risque de devenir un zoo humain sujet d’études pour les spécialistes en sciences sociales.

Nous pouvons encore éviter cela.

Mais pas avec cette direction politique, extrait final de notre bêtise nationale, qui a prouvé son total déni de la réalité, son impossibilité à obtenir le moindre résultat depuis plus d’un an alors que les ténèbres progressent à grands pas.

Les ennemis d’Haïti vont-ils atteindre le but poursuivi depuis des décennies ? Prouver que tous nos discours n’étaient que du vent et que nous sommes dans l’impossibilité de nous prendre en mains ?

Gary VICTOR

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