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Éditorial

Qui est qui ?

Qui est qui ?

Ce qui avait choqué sous le gouvernement d’Ariel Henry, c’était surtout le silence gardé sur tous les drames que vivait la population haïtienne.

Un gouvernement, même par hypocrisie, compatit à tout problème vécu par une communauté.

C’était un silence qui avait à voir avec le mépris dans lequel on tient le pays et ses habitants.

Le CPT et la Primature continuent avec le savoir-faire d’Ariel Henry dans ce domaine.

Plusieurs jours après le drame de Mirebalais, les meurtres, les incendies, le déplacement de plusieurs milliers de personnes, pas un mot du Conseil Présidentiel de Transition. Pas un mot de la Primature.

Il n’y a qu’une seule explication à ce silence, car c’est la moindre des choses à faire que de rédiger un communiqué pour déplorer les pertes de vies humaines, la destruction de biens publics et privés et pour condamner l’action des criminels.

Pour ceux qui nous dirigent, le pays est constitué seulement des niches dorées sur les hauteurs environnantes de Port-au-Prince et de Pétion-Ville.

Il n’y a pas lieu de trop se préoccuper des villes de province dont on ne se souvient qu’à l’occasion d’une fête patronale ou d’activités mystico-religieuses. On s’y rend comme en safari.

La question de l’espace national, du territoire, n’a aucune signification dans la tête d’un dirigeant haïtien.

Alors que les gangs menacent tout le pays, alors que les criminels ont montré leur potentiel en termes de moyens et de complicités dans l’appareil d’État, aucune mesure dissuasive n’est prise à l’entrée de nos principales villes. On entrait et sortait de Mirebalais comme dans un moulin et quand la menace s’est faite pressante, c’est la société civile qui a tenté une résistance.

Les autorités en place attendaient un ordre de Port-au-Prince pour s’opposer aux bandits.

On imagine un poste de police ou un poste militaire dans n’importe quel pays au monde attaqué par des criminels. Le responsable de ce poste de police ou de ce poste militaire ne riposte pas, ne défend rien parce qu’il n’a pas reçu d’ordre ! Il n’y a que dans la comédie haïtienne qu’on puisse avoir ce cas de figure.

Une de nos journalistes qui a fait le déplacement de Peredo à Jacmel, puis de de Jacmel aux Cayes en passant par Grand Goave, Petit-Goaves, Fond des Nègres, Aquin, Cavaillon, Cayes, a été surpris de n’apercevoir aucun policier, aucun militaire sur la route et à l’entrée des villes précitées.

Sans la mobilisation des populations, le jeu serait plus que facile pour les malfrats.

Peut-être pour nos dirigeants aussi.

Plus la situation se détériore, on ne sait plus qui est qui, et qui fait quoi ?

Gary Victor

 

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