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Éditorial

Le chaos des réseaux !

Le chaos des réseaux !

Le problème de la liberté d’expression dans les réseaux sociaux se pose partout, mais avec encore plus d’acuité dans une société devenue délinquante comme la nôtre. Dans la presse dite traditionnelle, écrite, parlée ou télévisée, le journaliste est astreint à des règles et il peut même être poursuivi pour violation de la charte. Mais même dans cette presse, depuis plus d’une décennie on a vu les ondes prises d’assaut par certains journalistes et chroniqueurs faisant du métier un prétexte pour s’enrichir par toutes sortes de moyens, allant du chantage à l’extorsion sans se gêner nullement pour fricoter avec la pire pègre du pays.

Les réseaux sociaux, s’ils permettent une vaste gamme d’échange et de communication souvent très utile, permettent aussi une manipulation dont l’ampleur dépasse tout ce qu’on pouvait prédire pour les médias dits traditionnels. En plus, l’absence de législation en la matière permet toutes les dérives. N’importe quidam peut s’exprimer sur les réseaux sociaux et devenir une star, s’érigeant même en ayatollah pour fustiger tout ce qui ne correspond pas à ses vues souvent étriquées et erronées.

Quelques journalistes, quelques citoyens confirmés tiennent des émissions politiques, sociales et culturelles sur les réseaux sociaux. Ils ne sont pas nombreux ceux qui restent dans la ligne de la rectitude, de la quête de la vérité. Dans le souci de se faire un maximum de followers, d’autres sont prêts à tout, même à vendre leurs âmes au diable, car tout ici aussi est question de gros sous. L’honnêteté ne court pas les rues.

La dérive frise le chaos le plus total quand les chefs de gang profitent des réseaux sociaux pour menacer, dénigrer les institutions qui se sont, de toute manière, autodénigrées depuis des lustres. Encore que, et c’est là le paradoxe, en l’absence d’une vraie presse républicaine et d’une justice efficiente, peut se dévoiler sur les réseaux sociaux la félonie des uns et des autres. Même si parfois, les preuves manquent à l’appui, il devrait y avoir là sujet à vérification par tout appareil judiciaire performant. Les chefs de gangs ont indexé par exemple plusieurs hommes politiques. Aucune suite n’a été donnée. Comme quoi, si le diable avance que la molécule de l’eau est composée de deux atomes d’hydrogène et d’un atome d’oxygène, ce ne serait que pur mensonge.

À l’instant où nous écrivons les lignes de cet éditorial, les armes chantent au nord de Port-au-Prince, dans la zone du Fort National et de Solino. À deux ou trois kilomètres du cœur de la capitale. Les armes dans les quartiers populaires ! Des armes lourdes. Des armes dont le cout fait qu’ils ne peuvent être dans les mains de n’importe quel citoyen. Toujours les mêmes questions ? Qui distribue armes et munitions aux malfrats ? Comment des armes et des véhicules de la Police nationale se retrouvent-ils aux mains des gangs ? Des complicités glauques et nauséabondes qui impliquent l’État, des partis politiques, des hommes d’affaires voulant accaparer le pouvoir politique et aussi cette communauté internationale dont l’hypocrisie n’est plus à démontrer.

Un pays toujours en perdition. Une population physiquement et psychologiquement crucifiée.

 

Gary Victor

 

 

 

 

 

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