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Éditorial

Espérer le moins mauvais ?

Espérer le moins mauvais ?

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Le Conseil présidentiel semble faire du surplace. La machine a du mal à démarrer. Difficile de s’étonner. Mettre sept politiciens de chez nous autour d’une table, avec leurs féroces instincts pour le pouvoir absolu, c’est placer la barre très haut. Pourtant, il faut placer la barre très haut avec la situation catastrophique que nous connaissons. On ne peut demander à aucun quidam, quelqu’un sans expérience, sans idées, sans imagination, sans amour de la patrie, de venir penser une solution pour permettre à cette population souffrante de retrouver une vie normale.

Comme nous l’avons dit plusieurs fois, nous tenons à la réussite de ce Conseil parce que le salut de ce pays nous tient à cœur. Il faut appuyer toutes les initiatives, toutes les décisions prises dans l’optique de nous sortir de ce pétrin dans lequel des années de gouvernance délinquante pour ne pas dire assassine nous ont mis. 

Pendant que le Conseil patine, empêtré, semble-t-il, jusqu’à présent, dans des luttes de pouvoir inacceptables dans une situation où la nation est devant un tel péril, des dizaines de milliers de réfugiés, de déplacés, souffrent le martyre en l’absence de politique de l’État pour leur venir en aide. Souvent parqués dans des écoles, des lycées, parfois même dans les locaux d’une secrétairerie d’État, ces réfugiés internes s’organisent comme ils peuvent pour dormir, se nourrir. Certains se trouvent au voisinage même des affrontements entre la Police nationale et les bandes armées. On peut les voir au Bois Verna par exemple où à la Ruelle Audain. Des balles perdues ont fauché la vie dans ces abris et des rumeurs de choléra ont circulé dans ces lieux d’abandons et de misère. Ces camps peuvent constituer aussi une source d’insécurité, car les bandits sont capables de les infiltrer.

 Les jeunes qui s’y trouvent, livrés à eux-mêmes, démunis de tout, sont des proies faciles pour la prostitution et la corruption. Mais l’État est désespérément absent. Les politiciens ont mieux à faire que de se soucier de la vie de la population. L’ancien Premier ministre avait donné le ton en affichant une indifférence choquante devant les blessures et les morts de ses administrés alors qu’il était prompt à réagir aux déboires de ses amis étrangers.

Pour l’instant, la seule note positive est que la Police nationale semble avoir plus de coudées franches dans sa lutte contre les gangs. Les complicités au sein de l’État et du gouvernement se font frileuses. Les trafiquants d’armes sont sous pression. On parle de nouveaux matériels livrés aux forces de sécurité et de l’arrivée prochaine de militaires étrangers pour porter main-forte à la Police nationale. En l’absence d’une volonté nationale de faire table rase de ces politiciens qui nous ont menés dans l’abîme, on est comme obligé de compter sur ces mêmes étrangers qui ont aidé ces mêmes politiciens. Doit-on seulement espérer, comme de coutume chez nous, le moins pourri et le moins mauvais ?

 

Gary Victor

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