Les larbins
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Les larbins sont la plaie de tout pouvoir. Ils sont légion chez nous.
Surtout quand celui qui dirige, Président, Premier ministre, directeur général, dirigeant d’une entreprise privée ou publique prête trop attention à leurs propos glauques.
En général ceux qui écoutent les larbins sont des faibles, des incompétents trop intéressés eux-mêmes à assurer leurs privilèges, leurs intérêts et ceux de leur clan. Leur paranoïa habituelle les porte à s’entourer de larbins qui n’ont pas leur appareil pour rassurer, pour inspirer confiance au chef.
Les larbins opinent toujours dans le sens du poil. Ils disent toujours ce que le chef a envie d’entendre, ce qui fera plaisir au chef. Ils sont quelque part de bons psychologues, car ils peuvent avoir le talent d’aller au-delà même des désirs du chef, de comprendre même les remous de son subconscient souvent malades pour lui prodiguer des conseils.
Les larbins se tiennent souvent au courant des faits et gestes du chef. Ils peuvent même lui tenir son pot de chambre et lui offrir la femme ou l’homme – on est bien dans les dérives de nos amis occidentaux- qu’hier encore on tenait dans ses bras.
Les larbins qui sont d’excellents rampants se présentent toujours comme d’excellents connaisseurs de la chose politique alors que souvent leur seul objectif c’est de toujours rester en selle et de jouir des privilèges d’être au pouvoir, mais en retrait, sans qu’ils soient identifiés du peuple.
Les larbins ne se soucient pas du pays. Ils ne soucient pas de leur communauté. Sous le parapluie du chef, ils engrangent, ils forniquent, ils voyagent, ils fréquentent les grands hôtels. Ils ont souvent fait un saut social qualitatif, mais bien sûr souvent au niveau intellectuel et mental c’est la médiocrité la plus crasse, une criante incompétence.
La plus grande victime des larbins après la nation ou l’entreprise, c’est le chef lui-même. Le Président, le Premier ministre oublie trop souvent que les larbins ont effectué le même travail, les mêmes courbettes, les mêmes reptations devant plusieurs Présidents ou Premiers ministres. Ils ont toujours prodigué les mêmes conseils, car leur cerveau ne peut concevoir autre chose et ils pensent que ce système en place ne peut changer. Le larbin se conforte dans sa conviction que le pays ne peut être que ce qu’il est.
Un chef aurait intérêt à penser qu’il sera bien éjecté un jour, mais que le larbin sera à sa place immuable.
Un vrai Président, un vrai Premier ministre, bref, un bon dirigeant a besoin de conseillers qui l’informent constamment sur l’état de la nation, sur la vie au quotidien de son peuple. Un bon conseiller n’a nul besoin d’être l’ami de boisson, l’ami wangatè, ou l’ami de krèy du chef. Un conseiller est un spécialiste reconnu dans un domaine, quelqu’un qui a une grande connaissance des sociétés d’ici et d’ailleurs et plein d’autres qualités qu’il serait fastidieux d’énumérer.
Une vraie gouvernance doit toujours faire la chasse aux larbins.
Gary Victor
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Albert
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