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Éditorial

Il pleut encore sur Port-au-Prince

Il pleut encore sur Port-au-Prince

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Des larmes de boue. Des larmes de détritus.

Il n’est pas prudent de se laisser surprendre par l’un de ces torrents qui dévalent de ces collines colonisées par nos centaines de milliers de laissés pour compte.

Depuis lundi matin circuler dans de nombreuses artères de la ville était presque du domaine de l’exploit. Les grandes avenues comme Magloire Ambroise, Monseigneur  Guilloux, Capois, Cameau, étaient couvertes par des tonnes  de boue et de roches rendant même impossible le passage des motos. Pendant toute la journée, une grande partie de la Nationale 2 en commençant par Martissant s’est révélée impraticable. Un manque à gagner pas pour l’État, mais pour les gangs qui organisent le péage sur ce tronçon.

Encore une fois, on est enfermé non seulement dans la boucle de la pénurie, mais dans celle encore plus dangereuse de la fragilité. Chaque année qui passe ne recule pas l’instant de la catastrophe finale, mais on s’y approche, enfermés dans le rêve délirant que nous sommes une grande nation alors que dans la réalité nous ne faisons rien même pour empêcher le pire.

Nous avons tiré plusieurs fois la sonnette d’alarme. Une tempête tropicale, ou un cyclone de force moyenne, mais drainant au moins 300mm de pluie est capable de fracasser notre capitale. Pour éviter le pire, un vaste programme de curage des canaux, des égouts et des ravins est nécessaire,  mais pas suffisant. Il faudra de toute manière étudier un déplacement des populations qui se sont installées illégalement dans les zones protégées. Toute une politique d’État qui ne peut être pensée que par un gouvernement légitime et ayant la poigne nécessaire pour faire respecter les décisions profitables à la nation. Or dans la compétition que se font toujours deux pays frontaliers, ici Haïti et la République dominicaine, tous ces éléments font pencher la balance dans un sens ou dans l’autre.

L’environnement n’a jamais été une priorité pour nos gouvernements. De toute manière même les priorités déclarées n’ont jamais été vraiment prises en charge à part dans les discours démagogiques qu’on connait. On ne se fragilise pas. On s’effrite à grande vitesse, mais ceux dont les postérieurs sont vissés sur leur de pouvoir ne s’en aperçoivent pas. Si la population en  a vu de toutes les couleurs, mais ce n’est pas à elle qu’est réservé le calice jusqu’à la lie.

 

Gary victor

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