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Éditorial

Ti sourit et car-wach

Ti sourit et car-wach

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Juillet est arrivé au galop avec sa chaleur. Les vacances scolaires s’annoncent et déjà dans de nombreux quartiers des rassemblements de jeunes s’organisent en fin de semaine pour ces réjouissances sauvages où la musique dite rabòday, l’alcool, la drogue, la violence aussi malheureusement sont souvent au rendez-vous. Ti sourit et car-wach !

Nos jeunes sont dépourvus de loisirs sains. Le téléphone portable reste pour eux la distraction principale alors que la culture est très peu au rendez-vous sur les adresses préférées de ces jeunes où la vulgarité, le mauvais goût s’affichent comme la norme. On ne demande pas à ceux qui sont accros au téléphone portable d’avoir une once d’intelligence et de connaissance.

Avec juillet, en fin de semaine, dès que la nuit s’annonce, la pollution sonore va augmenter d’un cran. Les haut-parleurs à fond la caisse vont diffuser ces musiques répétitives qui feront se déhancher des foules de jeunes souvent en maillot blanc pour les activités dites « car-wach » où le clou sera de se faire asperger avec une eau douteuse. Les joints circulent de main en main. Cela devient coutumier de voir quelqu’un se balader comme si de rien n’était avec une arme de guerre. C’est peut-être un policier qui protège le quartier de gangs toujours à l’affut pour étendre leur territoire. Dans la nuit noire à peine éclairée par des projecteurs vacillants, le sexe ne se refuse pas dans cette misère et peut se négocier pour quelques bouteilles de bière et même pour un plat de spaghetti.

Des institutions publiques ou privées pourtant acceptent de financer de telles activités « culturelles ». On comprend bien. Plus le peuple, plus les jeunes s’abêtissent, plus le système est quiet. L’intelligence de ceux qui devraient le questionner, le remettre en question a agonisé sur le parvis du temple des bandits légaux. C’est à cela qu’on aboutit à la moindre réflexion. Comment expliquer que des demandes d’appui pour des activités culturelles saines sont toujours refusées au prétexte qu’il n’y a pas de budget alors que des sommes conséquentes sont mises à la disposition d’individus qui proposent à nos jeunes dans les quartiers populaires ces réjouissances délinquantes ?

Dans certaines écoles publiques et privées sont organisées des activités dites aussi « culturelles » qui peuvent facilement dériver vers le « ti-sourit ». Il n’y a pas si longtemps dans un lycée de la capitale une activité  « livres et musiques »  a côtoyé dangereusement la frontière de l’inacceptable malgré une présence policière. La jeunesse surtout désœuvrée, à qui ni l’État ni le secteur privé n’ont offert d’alternatives comme loisirs sains, est une proie facile pour affairistes et pervers.

Seule une reprise en main de l’État par une équipe ayant un grand respect pour la jeunesse de notre pays et surtout une vision christophienne de la nation pourra changer cette donne actuellement contrôlée par la clique des bandits légaux. Il y a du chemin à faire, mais il nous faudra trouver d’urgence des raccourcis qui fonctionnent, car le temps nous fait la guerre.

 

Gary Victor

2 commentaires

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Reynold Jean

«En Haïti, le divertissement est souverain», écrivait l'écrivain Gary Klang. Depuis l'arrivée du dévergondé, du libidineux, du lascif Michel Martelly au pouvoir et sa clique de bandits légaux, c'est la dépravation en Haïti. Ce qui est triste c'est de voir des jeunes issus de familles pauvres au lieu de se tourner vers les choses de l'esprit, les bibliothèques, le cinéma, le théâtre, le sport, bref des loisirs sains, se livrent plutôt à la débauche, au sexe, à la perversité. Les DJ sont devenus des modèles alors que la généralité de ces gens n'ont pas fait de grosses études. Pendant que certains Haïtiens s'adonnent à toutes sortes de plaisirs, dans les pays développés, les gens font des recherches scientifiques pour faire progresser la science et améliorer l'existence des gens. On doit divorcer avec le règne du plaisir.

1 réponse

Marc Henry

Je dirais qu'il faudrait consommer le plaisir avec modération plutôt que de divorcer avec le règne du plaisir . Le plaisir est aussi une façon de socialiser ...

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