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Éditorial

Les Haïtiens entrent en résistance

Les Haïtiens entrent en résistance

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Des appels se multiplient pour que les Haïtiens arrêtent de fuir devant l’arrogante impunité des machinateurs de nos troubles. De temps en temps, des brigades de défense s’en prennent à des terroristes isolés ou tentent carrément de faire front face à une opération armée.

Ce ne sont plus uniquement les forces de police qui mènent des opérations de ratissage de zones criminalisées, ces territoires perdus de la république. Les groupes armés organisent à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit des expéditions punitives contre des populations entières. Ces massacres relayés sur les réseaux sociaux peuvent se voir ou s’entendre jusqu’à Washington ou à Montréal. Mais le monde, s’il n’est pas entièrement sourd, nous offre des lamentations.

Ce serait être de mauvaise foi que de dire qu’Américains et Canadiens et Français n’apportent aucun appui à la PNH. Cependant, le temps qui s’écoule entre les promesses et l’arrivée concrète de l’aide est toujours trop long, mortifère; certains engagements datent de plus d’une année.
Or, si, ailleurs, « time is money », chez nous, « time is death ». Car, pendant ce temps, ce que nous appelons désormais le nouveau terrorisme caribéen gagne du terrain, encercle la capitale de ses multiples anneaux. Il « administre » des pans entiers de territoires, distribue une « justice » expéditive, bref sévit pour mieux asseoir sa domination destructrice.

Des médecins sont interpellés manu militari dans leurs cabinets quand certains de ces truands tombent sur le « champ de bataille » et nécessitent des soins. Ils font ainsi d’une pierre deux coups : ils obtiennent une rançon et se font soigner. Des membres d’une famille tentant d’échapper à des kidnappeurs se sont retrouvés dans un fossé sur la route du Canapé Vert, heureusement laissés pour morts. Ils ont pu se rendre plus tard dans un centre hospitalier pour recevoir des soins que réclamait leur état.

Face à une situation aussi intenable, le nombre de personnes cherchant refuge sous d’autres cieux ne cesse chaque jour d’augmenter tandis que, partout au pays, monte une clameur de plus en plus sourde : résister ou mourir pour la liberté de corps et d’esprit. Certains Haïtiens décident de ne plus se laisser faire malgré la puissance de feu de ces truands sans foi ni loi, la décentralisation de leur « commerce du crime » et le renseignement électronique dont dispose cette « tarentule au ventre noir » inscrite désormais sur les tablettes de la criminalité transnationale organisée.

Il existe encore au sein des forces de l’ordre ceux qui, chaque jour, affrontent ce mal qui répand la terreur. Ils doivent désormais comprendre que leur mission est noble. « Protéger et servir » n’est plus un slogan creux, mais doit résonner comme une volée de cloches accompagnant les brigades de défense populaires, les nouvelles « légions » de la dignité d’un peuple qui n’en peut plus d’espérer les « vents d’ailleurs ».

 

Roody Edmé

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