Dans «L’attente, ou l’art de perdre patience», ouvrage que vient de publier Sandrine Alexandre, l’auteure nous livre de nouvelles réflexions et des observations objectives sur la mesure du temps. Ce temps qui n’appartient presque plus aux Haïtiens dans le contexte actuel.
Des questionnements sensés qui parlent bien de notre vécu quotidien : Quoi de plus banal qu’attendre ? Ou s’efforcer de répondre aux attentes ? Patienter et s’adapter sont plus que jamais les coordonnées de notre monde social. Dans cette trivialité de l’attente, ce sont pourtant des relations de pouvoir qui se jouent : entre ceux qui attendent et ceux qui font attendre, entre ceux qui satisfont aux attentes et ceux qui les déçoivent, entre ceux qui se permettent d’avoir des exigences et ceux qui sont condamnés à les satisfaire.
Dans la liste des sagesses abordant l’attente, Euripide nous rappelle : «L’attente du malheur est plus dure à supporter que le malheur lui-même». Plus loin, Arthur Koestler poursuit dans «Un testament espagnol», «L’attente est toujours une torture, l’attente sans espoir, la pire de toutes».
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