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Et si on parle de l’avenir en Haïti ?

Et si on parle de l’avenir en Haïti ?

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Loin des tambours et trompettes de la célébration de la Journée internationale des droits de l’homme et aussi de celle de lutte contre la corruption, il est nécessaire de réfléchir sur l’avenir en Haïti.

 

De Nicolas Sarkozy, on retient ces paroles suivantes : « Si nous ne voulons pas que notre avenir, celui de nos enfants et des générations futures soit semé de catastrophes financières, sociales, écologiques et, par conséquent, humaines, nous devons changer nos manières de vivre, de consommer, de produire. Nous devons changer les critères de nos organisations sociales, de nos politiques publiques. Cette révolution ne s’accomplira pleinement que si elle est d’abord une révolution dans les esprits, dans les façons de penser, dans les mentalités, dans les valeurs. »

 

Des propos tirés dans la préface écrite en 2009,  par l’ancien président français, dans la publication : « Richesse des nations et bien-être des individus. Performances économiques et progrès social », relatifs à la commission d’experts, parmi lesquels on pourrait citer : deux prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, Amarta Sen et Jean-Paul Fitoussi. De telles considérations ou interpellations à une conscience collective auraient toute leur importance dans le contexte haïtien actuel.

 

De quoi sera fait l’avenir en Haïti ? D’ici la fin de l’année 2022, ils seront nombreux les jeunes qui ne pourront pas terminer l’année académique 2021-2022, et qui seront contraints de renforcer les rangs des nouveaux frustrés. Une réalité qui n’a pour conséquence que le découragement et la déviance, avec des filles qui vont enfanter et des hommes qui vont renforcer dans beaucoup de cas le personnel engagé par les industries de l’insécurité.  

 

De quoi sera fait l’avenir en Haïti dans les semaines à venir ? De quoi sera fait l’avenir en Haïti dans les mois à venir ? De quoi sera fait l’avenir en Haïti dans les années à venir ? De quoi sera fait l’avenir en Haïti d’ici la décennie de 2030 ? Dans chaque famille on devrait se poser ces questions en permanence afin de tenter de trouver des pistes de réponses sur une rationnelle et prospective.

 

Dans une famille qui va accueillir un nouveau-né dans les prochaines semaines, il faudra obligatoirement revoir les comptes, par rapport aux dépenses qui seront à la hausse,  et aux nouvelles exigences en matière de soin de santé, de services d’assurance, d’éducation et de sécurité, entre autres.

 

Divorce et séparation des couples vont s’ajouter dans la liste des problèmes qui vont directement impacter sur la vie des nouveaux séparés de cette ère morose,  et surtout des enfants qui vont manquer d’affection. De quoi sera fait l’avenir de ces enfants en bas âge et ces adolescents vulnérables en perte de repères familiaux, parentaux et sociaux ?   

 

Dans quasiment toutes les institutions du pays, l’inflation aura un impact considérable tant sur le budget de fonctionnement et le budget d’investissement. Les salaires réduits considérablement en peau de chagrin vont affronter les dépenses et les imprévus de toutes sortes, y compris les sollicitations légitimes ou imposées des proches et des inconnus.

 

Devant l’urgence pour le pays, d’inventer un nouvel agenda pour recréer l’espoir, les élites politiques, économiques et sociales devraient s’interroger sur les possibles catastrophes qui viendront frapper à nos portes ou passer par la fenêtre ou les sous-sols.  

 

De quoi sera fait l’avenir en Haïti ? Si nous ne voulons pas changer nos manières de vivre le présent et de voir l’avenir, de produire et consommer, de planifier et de construire, d'éduquer et transformer les citoyens en de véritables acteurs conscients, responsables, engagés et proactifs.   

 

De quoi sera fait l’avenir en Haïti avec autant d’enfants sans éducation, qui traînent le matin dans les rues, et des filles qui font le va-et-vient sur les trottoirs le soir ?  Si nous n'arrêtons pas de fabriquer des moules du sous-développement dans chaque chef-lieu de nos départements. Si nous ne voulons pas assumer nos engagements pris en 2015, autour des 17 objectifs du développement durable à adapter dans le contexte de cette pandémie. De quoi sera fait l’avenir d’Haïti ? Si le bien-être et les rêves des enfants, encore moins les talents et les projets des jeunes ne figurent pas dans la liste des priorités d’aujourd’hui ?

 

Dominique Domercant

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