L’art d’être solidaires des victimes du choléra
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La 48e session de l’Assemblée parlementaire ACP et la 34e session de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE lancées officiellement le vendredi 15 décembre 2017 au Karibe Convention Center, ont constitué une nouvelle tribune pour les membres de la 50e législature qui ont cru opportun de se solidariser avec les victimes du choléra. Cette position affichée de nos parlementaires qui ne vise pas nécessairement à épater la galerie devrait tout au moins figurer dans les recommandations régulières de ces deux sessions qui devraient pratiquement se terminer le 20 décembre 2017 avec la présence du chef de l’État, Jovenel Moïse et du président du Sénat, Youri Latortue.En effet, des délégations issues de 123 pays ont participé à ces assises.
La 48e session de l’Assemblée parlementaire ACP et la 34e session de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE lancées officiellement le vendredi 15 décembre 2017 au Karibe Convention Center, ont constitué une nouvelle tribune pour les membres de la 50e législature qui ont cru opportun de se solidariser avec les victimes du choléra. Cette position affichée de nos parlementaires qui ne vise pas nécessairement à épater la galerie devrait tout au moins figurer dans les recommandations régulières de ces deux sessions qui devraient pratiquement se terminer le 20 décembre 2017 avec la présence du chef de l’État, Jovenel Moïse et du président du Sénat, Youri Latortue.En effet, des délégations issues de 123 pays ont participé à ces assises. Les parlementaires haïtiens ont sollicité l’appui de leurs collègues de l’Afrique, de la Caraïbe, du Pacifique et de l’Assemblée paritaire ACP-UE pour exiger réparation de l’Organisation des Nations unies (ONU) en faveur des victimes du choléra. Question de remettre l’organisation mondiale à sa place dans ce dossier non moins sensible pour les militants de la coexistence des peuples.Cholzer Chancy, président de la Chambre des députés, a donné le coup d’envoi de la 48e session de l’Assemblée parlementaire des pays ACP. L’élu de la circonscription d’Ennery, faisant allusion aux problèmes communs à l’Afrique, aux Caraïbes et au Pacifique (ACP) a souligné l’instabilité politique, les problèmes énergétiques, la lutte contre la pauvreté, l’insécurité alimentaire, les changements climatiques : “ Les trois pouvoirs de l’État se sont entendus autour d’un développement articulé des principes de précaution et de prévention”, a indiqué le parlementaire qui annonce le lancement du nouveau schéma national d’aménagement du territoire. Ce schéma, a-t-il ajouté, permettra à l’État d’identifier les zones habitables, cultivables, celles à risques cycloniques et sismiques.Cholzer Chancy est d’avis que le rôle du parlement est de doter le pays d’instrument légal lui permettant de faire face aux aléas climatiques. Soit. Mais le Parlementaire n’aurait-il pas mieux fait en révélant l’agenda des actions généreuses de ses collègues en faveur des victimes du choléra particulièrement durant les fêtes de fin d’année et du Nouvel An -la charité bien ordonnée commence par soi-même-, avant d’exhorter l’ONU à les dédommager ?Dans une résolution adoptée par l’Assemblée parlementaire paritaire (APP), dans son article 17 de l’Accord de Cotonu, le rôle de l’APP en tant qu’organe consultatif consiste à promouvoir le processus démocratique par le dialogue et la concertation, de permettre une plus grande compréhension entre les États membres de l’ONU, des pays ACP et sensibiliser les opinions publiques aux questions de développement. C’est assurément en fonction de ces prérogatives que nos parlementaires ont jugé opportun de transformer ces assises en une vaste tribune où ils épousent la cause des victimes du choléra très bien comprise par le très éphémère représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Haïti et chef ad intérim de la Mission des Nations unies pour la justice en Haïti (MINUJUSTH). Lors de la célébration de la journée internationale de l’ONU en Haïti, M. Mamadou Diallo, dans son discours de circonstance, avait promis de consolider les avancées obtenues de la mission précédente, mais aussi d’engager de nouveaux chantiers dans le domaine de l’État de droit, de la lutte contre l’impunité et de l’amélioration de la situation sur le plan des droits de l’homme: composantes indispensables au maintien de la paix robuste indissociable des activités de la MINUJUSTH. Ces idées non moins généreuses ont été reprises presque sans proportion par le successeur de M. Diallo, Suzan D. Page, chargée de conduire la destinée de la MINUJUSTH.D’aucuns estiment que la question des victimes du choléra ne cessera de faire le lit des jeux politiciens. Des manifs ont été organisées en leur faveur par des militants des droits humains, et des activistes politiques au siège de l’ONU à New York, au log base de la MINUSTAH à Clercine et devant le Palais national, mais leur situation reste la même. C’est une évidence: prendre fait et cause pour les victimes de choléra relève d’un art. Pas besoin d’être un grand clerc pour s’en rendre compte. Toutefois, on attend pour voir ce que seront les retombées concrètes de ces assises sur le règlement de ce dossier qui n’a même pas été évoqué en des termes clairs et précis par le président Jovenel Moïse à la 72e session ordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU.Un problème bien posé est à moitié résolu, dit-on. La corruption n’est pas incurable. Mais, la combattre exige le sérieux, la modestie et une prise de conscience collective. Du plus petit au plus grand. Du plus pauvre au plus aisé. Si le président veut s’attaquer vraiment à la corruption, il doit se raviser en évitant la posture du super héros, pour se vêtir de son costume de chef d’État. En tant que tel, il doit se soumettre à certaines obligations de réserves et se planer au-dessus de la mêlée pour espérer au moins tracer la voie à l’atténuation des effets de ce fléau toujours en progression constante.Pour paraphraser Jacques Stephen Alexis, dans la préface de La Montagne ensorcelée de Jacques Roumain, nous pouvons dire haut et fort qu’un pays qui a produit de tels écrivains, poètes et musiciens, ne peut pas mourir. En référence à Jean Giono qui écrivait L’Homme qui plantait des arbres, dans la perspective de remembrer la nature dévastée, nous avons un champ d’hommes à rebâtir par l’éducation, le civisme et le relèvement de l’échelle des valeurs.Manno n’a jamais pris les armes contre la dictature, mais sa guitare et sa voix ont témoigné de nos combats quotidiens et contribué à faire fondre l’armure d’un régime de fer. Sa parole libre avait gagné toutes les ondes et le chanteur était adulé sur tous les podiums. Le mouvement étudiant connaissait ses plus beaux jours. La FENEH (Fédération des Étudiants haïtiens) était un modèle d’organisation qui avait une conscience claire du rôle de l’Université comme moteur du changement sur les plans idéologiques et scientifiques. Les comités de quartier et autres structures de vigilance patriotique quadrillaient le pays et un leadership jeune, progressiste, enthousiaste émergeait, pendant que sur toutes les lèvres la poésie de Trouillot, de Pierre- Richard Narcisse, et de bien d’autres poètes était reprise en chœur grâce à la chanson de Manno. Il était l’hirondelle qui annonçait le printemps démocratique haïtien qui entre-temps a viré au cauchemar sanglant et aux lendemains qui déchantent. Manno Charlemagne a incarné des moments explosifs et joyeux de notre histoire. Il a témoigné de l’élan vital de toute une jeunesse avide de changement. Son expérience de maire de la Capitale n’a pas toujours été des plus heureuses. Lui-même n’en était pas particulièrement fier. Commissaire à l’enthousiasme, il a voulu brûler les étapes. Il s’était retrouvé grâce à son immense popularité sans expérience maire de la plus grande ville du pays, dans une des périodes les plus tourmentées de la transition. Ce que l’on retiendra surtout de son passage sur notre terre chaude et décharnée, c’est la sève qui n’a cessé de couler de ses chansons et qui a vivifié l’esprit d’une jeunesse qui ne sera jamais plus zombifiée et trompée par les mensonges érigés en système mondialisé.Manno n’est plus. Mais ses chansons continueront d’accompagner les luttes de son peuple et des chanteurs comme Wooley Saint Louis Jean, Beethova Obas, lui ont déjà fait la promesse de poursuivre inlassablement sur ce vaste chemin de chansons poétiques engagées qui font flamboyer l’avenir.Faisons donc en sorte de promouvoir et de rester dans la légalité. La vraie légalité. Pas celle qui arrange celui-ci ou celui-là. Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.
Mérès M. Weche
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