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Mettre sa barbe à la trempe

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Ce n’est point du fatalisme que de sonner l’alarme sur des catastrophes imminentes, quand on voit d’autres lieux du monde en subir, sans pour autant compter de nombreuses victimes, comme celles qu’on a connues au cours du séisme de 2010 et de l’ouragan de 2016.  En l’espace de six ans, Haïti aura compté des morts par milliers, et cela au niveau de toutes les couches sociales, à cause d’une amnésie collective atavique. Rappelons-nous que la période cyclonique ouverte en juin n’est pas encore fermée, et que les alertes sismiques données sans cesse par l’ingénieur Claude Preptit, pour le Nord et les Nippes, ne sont pas chose du passé.

Ce n’est point du fatalisme que de sonner l’alarme sur des catastrophes imminentes, quand on voit d’autres lieux du monde en subir, sans pour autant compter de nombreuses victimes, comme celles qu’on a connues au cours du séisme de 2010 et de l’ouragan de 2016.

 En l’espace de six ans, Haïti aura compté des morts par milliers, et cela au niveau de toutes les couches sociales, à cause d’une amnésie collective atavique. Rappelons-nous que la période cyclonique ouverte en juin n’est pas encore fermée, et que les alertes sismiques données sans cesse par l’ingénieur Claude Preptit, pour le Nord et les Nippes, ne sont pas chose du passé.

 Il y a une année, soit le 24 août 2016, un violent séisme de magnitude 6.2 - presque identique à celui enregistré chez nous en 2010 - a secoué le centre de l’Italie, faisant moins de 200 morts dans la région des Marches où se trouvent les municipalités d’Arquata et de Pescara del Tronto. Nécessaire comparaison pour fixer les responsabilités d’État en matière de norme de construction et d’espace habitable.

Bien que le séisme de 2010 en Haïti soit imputable, dit-on, à des causes géopolitiques continentales, il reste que notre vulnérabilité est d’ordre politique interne. En toute éventualité, et de toute urgence, le gouvernement doit prendre, sans complaisance, les mesures qui s’imposent, pour réglementer la question de l’habitat à l’échelle nationale.

 Présentement, l’ouragan Harvey, qui secoue le golfe du Mexique, a atteint la même catégorie que Matthew en octobre 2016, sans faire de nombreuses victimes, parce que les consignes d’État ont été impérativement données et obligatoirement suivies. Non seulement en termes de zonage et de construction réglementaire, mais en ce qui a trait aussi à l’observance des mesures d’évacuation prises à temps.

 Parlant de ce cyclone qui s’abat actuellement sur le golfe du Mexique et les côtes texanes, les rafales de vent avaient atteint vendredi les 215 km/h, selon les précisions du Centre national américain des ouragans (NHC). Ce qui devait être une tempête tropicale est devenu un ouragan, comme ce fut le cas pour Matthew, qui avait durement frappé le Sud et la Grand’Anse à pareille époque. Un vieux proverbe créole nous dit : « Remak se fwap ». Et il n’y a pas que ce court dicton de la sagesse haïtienne qui doit nous interpeller ; bien d’autres font autorité comme celui-ci : « Lè bab kanmarad pran dife, se mete pa w a la tranp ».

Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, sans jouer les pompiers, a agité personnellement la sonnette d’alarme : « Si vous attendez jusqu’à ce que vous vous rendiez compte du sérieux de la situation, il sera sans doute trop tard ».

Malheureusement en Haïti, tout repose sur l’État ; c’est ce qui le fait pressurer davantage la diaspora comme un citron. En cas de sinistre, le secteur privé des affaires oublie qu’il peut en subir aussi de graves conséquences. Ainsi, des fonds de soutien public devraient-ils être disponibles pour prévenir et non guérir. Un sinistre, genre séisme ou cyclone, affecte inévitablement les infrastructures industrielles et commerciales, mettant à mal l’économie du pays.

 Actuellement aux États-Unis, plus de 45% de la capacité de raffinage du pétrole se retrouve en danger avec le passage de cet ouragan, qui a pourtant pris naissance, le 13 août dernier, au large de l’Atlantique, non loin de Cuba. Par conséquent dans le voisinage d’Haïti. Si son parcours avait changé de sens, nous aurions été l’hôte de ce terrible visiteur. Notre seul cri serait : « Manman pitit, mare vant ». Pourrions-nous éviter le pire ? C’est un pensez-y-bien.

 Mérès M. Weche

   

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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