Yasmina Khadra, Les Vertueux, Paris, Miallet-Barrault, 2022
Vertueux sans vertu
C’est un texte majeur que présente l’écrivain qui depuis longtemps a choisi de ne pas se séparer de son pseudonyme, parce que ce dernier participe intégralement de son identité, voire de son intimité secrète, et qu’il en fait don à ses lecteurs. C’est d’abord un très bon et très juste roman.
De la vertu en général. Les Anciens et les penseurs du sacré ont fait de la vertu le point de repère, voire l’amer dans nos pérégrinations intérieures, sauf que la vertu elle-même demeure rétive à se laisser circonscrire. D’ordinaire, ce sont plutôt ses attributs qui sont nommés. La vertu est démultipliée en vertus cardinales (prudence, tempérance, force d’âme, justice), théologales, dans la pensée catholique, et plus largement dans les pactes monothéistes (foi, espérance, charité). D’autres qualités sont fréquemment adjointes : franchise, dévouement et même parfois, pureté. On pourrait presque y retrouver la simplicité, celle du peu de conscience sociale du « chaste fol ». Ainsi, avec la vertu, l’être est acculé à une pensée dynamique, qui oscille entre connaissance et inconnaissance du bien, du vrai et sans doute également du beau.
De l’action. Dans le genre du roman, la vertu se manifeste dans l’action.
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