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« Nwèl tristès » de Mikaben une chanson aux couleurs de notre temps

« Nwèl tristès » de Mikaben une chanson aux couleurs de notre temps

La chanson « Nwèl tristès » a été composée lors du concours de chant organisé par la chaîne Télémax en 1999. Classé en quatrième position, « Nwèl tristès » n’a pas obtenu le premier prix, mais a révélé aux yeux du grand public haïtien le chanteur, guitariste, et parolier Michaël Benjamin décédé malheureusement le 15 octobre dernier à Paris lors du concert du groupe Carimi. Chanté en duo avec sa sœur Mélodie Benjamin, « Nwèl tristès » était sur toutes les lèvres et tournait en boucle sur les stations de radio. Aujourd’hui cette chanson garde toute sa fraîcheur et son actualité tenant compte de la réalité haïtienne qu’elle décrit sur des mélodies sombres et mélancoliques.

La chanson « Nwèl tristès » est écrite en créole. Elle est une chanson mélancolique et reflète le mélange de nostalgie de cette grande période de l’année. Son histoire est assez mouvementée et elle est divisée en trois couplets dont le denier est interprété par Mélodie Benjamin. Par la voix des chanteurs, les mélomanes savent que l’histoire se déroule un 24 décembre, une date qui a une signification profonde dans la religion chrétienne. Le 24 décembre, on fête le réveillon de Noël. Tradition moderne. À minuit, une messe spéciale est donnée dans les églises pour célébrer la naissance de Jésus, qui est donc supposé être venu au monde dans la nuit du 24 au 25 décembre. Loin de parler des festivités de la nativité de Jésus Enfant, le texte a préféré laisser parler le cœur déchiré de l’artiste qui marche dans les rues mornes et désespérées de Port-au-Prince encombrées de pauvres et jonchées de toutes les misères et de tous les malheurs du monde. Les deux interprètes de la chanson se disent révoltés devant la souffrance humaine.

À un moment où les fêtes de Noël devraient donc avoir un sens particulier pour tous les chrétiens sur la terre, car c’’est une fête où la famille et les enfants ont beaucoup d’importance . C’est aussi l’occasion de se retrouver, de partager un peu d’amour aux autres. Mais c’est tout le contraire. Ce 24 décembre est depuis quelque temps en Haïti de croiser le regard d’un enfant triste et solitaire qui trime dans les rues et qui noie ses pleurs et ses sanglots à peine refoulés dans un fleuve brûlant de tristesse. Ou d’une vieille dame de soixante-quinze ans qui ne sait pas quel Dieu prier en cette période festive, mais qui appelle malgré tout un père Noël souvent absent. Ou en dernier lieu cette fillette qui tend ses mains nues aux passants en quête de l’aumône. Ce chant nous parle et s’adresse à nous comme « Tonton Nwèl cheri « qui raconte une histoire aussi troublante ou quelque chose d’ approchant. La chanson « Nwèl tristès » nous renvoie aux inégalités, à l’injustice de notre naissance ou du hasard. Et toujours en Haïti pas de solution en vue alors même que les festivités de Noël approchent. Le National propose à ses lecteurs l’intégralité du texte de la chanson.

Nwèl tristès

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