La guerre est très laide
J’emprunte le titre de cet article à une phrase que l’auteur de L’Autre moitié du soleil prête à son père qui terminait ainsi les histoires qu’il racontait autour du conflit Nigéria-Biafra. Ce conflit oublié de la fin des années 60 est le cadre du roman de Chimamanda Ngozi Adichie.
De tout temps, les longs romans présentant une trame historique font partie de mes lectures favorites. J’ai été comblée avec ce superbe récit d’Adichie où elle veut nous convaincre, si besoin est, que la guerre est déshumanisante. Bien que se plaçant du point de vue du Biafra – sa famille est originaire de la région, ses deux grands-pères ont péri lors du conflit – Adichie ne verse guère dans le manichéisme, idéalisant son camp et diabolisant l’autre. Elle fait dire par Olanna, sa principale figure féminine :
Mais nous sommes tous capables de nous infliger mutuellement les mêmes choses, en fait.
Le casus belli ? Des massacres commis contre les membres de l’ethnie ibo, majoritaire dans le sud-est du Nigéria. Ils décident de faire sécession et de proclamer la République du Biafra. Pourquoi le Nigéria et ses soldats massacreurs ne se contentent-ils pas de dire « bon débarras » ?
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