Point final : à bout de souffle
Du 14 au 18 mars, des élèves de l’école élémentaire Gambetta A de Sèvres ont travaillé avec le poète Benoit D’Afrique sur un projet d’écriture poétique en lien avec la demeure. Après avoir collecté des mots durant la visite du jardin et de la maison des Jardies, les poètes en herbe ont laissé libre cours à leur créativité en écrivant sur la thématique de « l’Autre ».
Il y a maintenant dix mois depuis que j’ai été sélectionné par la région d’Île-de-France dans le cadre des résidences d’écrivains pour habiter la Maison des Jardies. Lieu de mille et une vies. Vies solaires, humaines et immortelles. Cette petite maison située à Sèvres, dans les Hauts-de-Seine, qui pendant longtemps a hébergé les traces de Balzac et de Gambetta, durant cette période de résidence, m’a ouvert sa porte sans craquement pour héberger mes insomnies ou mes heures de réflexions poétiques. Il me fallait un endroit pour me poser, questionner mes certitudes et profiter pour ramasser mes chutes. Je me devais d’être en effraction avec moi-même. Et, dans ce haut lieu — bourré de présences imperceptibles et poétiques — j’ai repéré toute la sève essentielle pour habiter effrontément l’unique canal sans bactéries, purs, pour dire le monde : la poésie.
En ce mois de printemps consacré aux poètes, avant de remettre les clés, il était urgent de chanter la folie collectivement. Et c’est dans cette perspective que La Maison des Jardies, a participé à la 24ème édition du Printemps des poètes. Dans ce même cadre — lors d’un atelier de création— j’ai pu rencontrer une cinquantaine d’élèves avec lesquels le chemin menant vers les sentiers brulants des mots, étaient plus accostables. Dans une atmosphère ravie, on a conjugué l’amitié, chanté l’Autre, et l’humanité pendant quatre jours.
En guise de ponctuation finale, au cours de cet atelier, pour écrire à bout de souffle— bien que le temps fût peu cordial— nous étions résolument dans l’indifférence totale face à son caractère gris.
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