« Papa Dessalines » de Jean Jean Roosevelt, une des plus belles chanson patriotiques et humanistes de notre répertoire culturel
La semaine dernière, j’étais dans une salle de sport située sur le Grand boulevard Léger, à Montréal, dans la province du Québec — ce territoire que je considère comme ma deuxième patrie — pour m’entraîner. Dans cet espace merveilleux de rencontres, les sons se mêlaient : le cliquetis des plaques de fonte sur les machines, les grognements sous la charge, les soupirs, les cris poussés au moment de l’effort, les conversations entre copains — demandes d’aide, récits de la semaine — et le souffle régulier des machines cardio. De cette effervescence naissait une atmosphère unique, à la fois vivante, stimulante et propice à l’entraînement.
Tout à coup, une chanson diffusée dans la salle — peut-être programmée à l’avance par les gérants de l’espace — a attiré mon attention. C’était la voix de Jean Jean Roosevelt, qui chantait « Papa Dessalines ». Minute après minute, la résonance du morceau devenait plus forte, portée par quelques Haïtiens présents dans la salle, qui se sont mis à chanter à leur tour.
Cette chanson résonne avec une force particulière dans le contexte actuel, à l’heure où certains discours tentent de célébrer les prétendus « bienfaits » de la colonisation, tout en occultant les violences qui l’ont fondée. Elle rappelle que derrière ces récits se cachent souvent des logiques de domination : redessiner la carte du monde, imposer la souveraineté des puissants sur certains territoires, au nom d’intérêts économiques et politiques étrangers aux peuples soumis.
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