Coup d'œil sur les auteurs «insuffisamment connus» de l’année littéraire 2025
Avec Silence, je tutoie encore la mer (éditions Milot), André Fouad inscrit sa poésie dans une éthique du retrait. À rebours de la logorrhée contemporaine, il choisit le peu, le murmure, la phrase qui s’efface presque au moment de naître. La mer, chez lui, n’est pas métaphore nationale, mais entité intime, mémoire liquide, lieu d’adresse. Ce type d’écriture, qui exige lenteur et disponibilité, est structurellement désavantagé dans un champ littéraire dominé par l’urgence politique et médiatique. Fouad est « manquant » parce que sa poésie refuse d’être événement.
Johanne Joseph poursuit un travail exigeant sur l’intime, la transmission et la survivance des corps féminins dans un espace social violent. Son écriture, d’une grande densité émotionnelle, ne cherche pas l’effet, mais l’inscription durable. Or, la littérature haïtienne contemporaine continue de reléguer nombre de voix féminines à une reconnaissance périphérique, comme si le sensible était moins légitime que le spectaculaire. L’absence de Johanne Joseph est aussi éditrice des éditions cérébrales dans les bilans est moins une omission qu’un symptôme.
Jephte Estiverne
Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.
Pas encore de compte ? Inscrivez-vous
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.