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Les enfants du maquis, ou la mémoire confisquée de Duvalier

Les enfants du maquis, ou la mémoire confisquée de Duvalier

Le 25 octobre dernier, j’ai rencontré Carl-Henri Guiteau, à l’occasion du lancement de son premier roman, Les Enfants du maquis. Dès les premières minutes, j’ai compris que cet ouvrage dépasse largement le cadre littéraire. Il s’agit d’un livre de mémoire, écrit contre l’oubli — contre cette amnésie collective qui, quarante ans après la chute de Duvalier, laisse renaître un discours nostalgique du type : « C’était mieux sous Duvalier. »

Carl-Henri Guiteau, d’une voix calme, mais déterminée, m’a parlé de son parcours. Avant d’être écrivain, il fut journaliste, enseignant, syndicaliste, diplomate. À ses débuts, dans les années 1970, il n’était qu’un jeune homme de vingt-deux ans, il écrivait pour Le Petit Samedi Soir, un journal hebdomadaire fondé à Port-au-Prince pour faire face à la censure.

« Nous étions toute une équipe, dont Dany Laferrière, m’a-t-il confié. C’était notre manière d’affronter la dictature. Nous prenions des risques énormes. Donner la parole aux gens dans les villes de province, c’était subversif. On pouvait disparaître du jour au lendemain. »

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