Hommage à Georges Sylvain, le poète éclectique, engagé et militant à l’occasion du centenaire de sa disparition
L'année 2025, plus précisément le 2 août, marque le centenaire de la mort de Gorges Sylvain, l'une des plus remarquables figures de l'histoire littéraire haïtienne. Poète, essayiste, diplomate et homme politique, il s'est illustré comme écrivain de la tendance éclectique de La Génération de La Ronde, entre 1898 et 1915. Une tendance qui prône une littérature universelle, dite encore franco-humano-haïtienne, selon l'expression de Seymour Pradel, ce, avec pour toile de fond une poésie plus intime, plus raffinée et plus libre. Mais c'est surtout par ses prises de position et ses actions contre l'occupation du pays par les États-Unis qu'il s'est distingué jusqu'à être considéré comme le symbole de la résistance intellectuelle à l'occupation américaine.
Georges Sylvain est né en République Dominicaine, en 1866, à Puerto Plata où sa famille s'était réfugié en 1865, à la suite du bombardement du Cap-Haïtien par deux navires anglais, le Bull dog et le Galatea, après que le consulat anglais fut violé par des partisans de Sylvain Salnave s'opposant au gouvernement de Fabre Geffrard. Ce dernier, profite de cet incident diplomatique, et surtout du soutien de l'Angleterre, son allié d’alors, pour s'emparer de la ville, le 9 novembre 1865. Le calme revenu, ses parents rentrent en Haïti et s'établissent à Port-de-Paix. Le petit Sylvain effectue ses études primaires chez les Frères de l’Instruction Chrétienne de Port-de-Paix, ses études secondaires à Port-au-Prince, au Petit Collège Saint Martial, puis part les achever à Paris au Collège Stanislas, obtient ensuite une licence en droit, à la Faculté de droit de Paris.
De retour au pays en 1888, Georges mène une intense activité intellectuelle. Son charisme, sa culture et son patriotisme lui vaudront l’admiration de ses contemporains et de la jeunesse d’alors, avide de savoir et de liberté. Il collabore à divers journaux, tels La Vérité, la Ronde, Haïti littéraire et sociale, Le Nouvelliste, et fonde l'École de Droit, le Petit théâtre, l'Alliance Française d'Haïti, anime des centres culturels et donne des conférences à travers tout le pays. C'est au cours de son passage à Jérémie qu’il découvre le jeune Etzer Vilaire, inconnu du mondbe littéraire à l'époque. Celui-ci publiera, sous son influence, ses poèmes dans diverses revues de la capitale dont La Ronde. Une rencontre fructueuse puisque Vilaire ne tardera pas à se révéler comme l'un des plus grands poètes de sa génération et de l'histoire littéraire nationale. Pour son engagement dans la promotion de la langue française et de la littérature, il a été promu Légion d’honneur par le gouvernement français.
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