Ashraf Aboul-Yazid : « Je suis cette rue du Caire, hantée par la guerre et le silence »
Le National : Une rue au Caire est un titre simple mais puissant, presque symbolique. Que représente cette rue pour vous ?
Cette rue est pour moi la sève de la vie – son ADN coule dans mes veines, elle est la colonne vertébrale sur laquelle reposent mes années. C'est aussi une carte d'étapes, chacune chargée de sens : étapes de douleur, d'espoir, de choix. On peut voir cela comme un fleuve en mouvement, emportant le peuple, les souvenirs et soi-même, de sa source à la mer, semant la vie sur son passage – fertile et nourricier. C'est une rue du Caire, certes, mais elle pourrait tout aussi bien être la rue d'une autre ville, pour une autre personne. Finalement, c'est un miroir pour tous ceux qui la traversent, un écho de ceux qui y vivent.
Le National : Le poème d'ouverture évoque un homme revenant pour une « courte pause » entre deux départs. Pourquoi, selon vous ?
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