Ni pays ni exil de Boucher, une appréciation critique
Ni pays ni exil, est un recueil de poèmes écrit par Ricardo Boucher et publié chez Legs édition. Ce recueil, suivant la note de l’éditeur, serait porté par de nobles intentions, par une bonne volonté qui est de prêter sa voix dans la dénonciation des inégalités et du crime commis contre les opprimés, de ne pas taire le réel haïtien, de prendre part aux luttes pour la liberté et, par la même occasion, d’actualiser l’histoire de toutes résistances menées pour un minimum de bien vital au profit de toute l’humanité. En ce sens, nous comptons ici questionner cette noble intention pour déterminer ce qu’elle a de littéraire et aussi saisir la perspective qu’elle offre sur la poésie haïtienne d’aujourd’hui. Dans cette veine, nous articulons ce travail autour de deux points : primo, une discussion sur le projet du recueil tout en considérant constitutif du livre la note de l’éditeur et, secundo, apprécier la langue du poète.
Pour une présentation sommaire, il est à dire que l’espace poétique de ce livre est composé de vingt-trois poèmes, dont quatre adresses (Ode à Port-au-Prince, Guirlande rose, Me voici la fleur informe, À une poétesse arabe), trois hommages (Telle une fleur elle refleurira, Jessica Nazaire, Tchadensky Jean Baptiste) et le reste du recueil oscille entre exhortation à la révolte et description de ce qui est, selon le poète, la condition de l’ouvrier.
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