Wismy Faustin: du pinceau au poème
Il est de ces êtres que le silence appelle et que les couleurs élisent. De ceux qui, dès le berceau, semblent converser avec l’invisible. Wismy Faustin ne s’est pas réveillé artiste, il est né traversé par l’Art, comme un arbre l’est par la sève. À Petit-Goâve, sa ville natale bercée par le souffle ancien des mornes et les éclats de mer, il est venu au monde en l’an 2000 entre deux pulsations d’étoiles. Là, dans les marges du quotidien, il a très tôt troqué les jouets contre des univers griffonnés, des mondes crayonnés sur les murs, les bancs, les cahiers, là où la main de l’enfance rencontre déjà l’écho du sublime.
Ce souffle qui l’habitait, longtemps instinctif, s’est affiné en 2015, lorsqu’à l’âge de quinze ans, il traverse un atelier d’initiation artistique dirigé par Roody Siancila. Un seuil se franchit. Deux ans plus tard, l’appel du sang le mène à Evelt Faustin, frère aîné et peintre, auprès de qui il polit ses gestes, affine ses textures, découvre le langage de l’abstraction. Mais l’âme de Wismy est un oiseau qui ne tolère ni cage ni perchoir. Il déploie ses ailes et fonde son propre studio : Wis’art. En 2019, il livre au monde « La vie en couleur », sa première exposition, une immersion sensorielle où la lumière devient voix. Dans l’effervescence de cette aventure, il devient opérateur culturel, initiateur de mouvements comme Bòbèch Powetik, Une couleur d’âme, ou encore le festival Jedi Penti, des espaces où la poésie se fait chair.
Mais si la peinture l’habite, la littérature le hante. Sur les bancs du secondaire, il croise la route d’Adelson Elias, poète de Petit-Goâve, qui lui tend la clé des mots. Une clé tremblante, solaire, qu’il saisit avec la ferveur d’un autodidacte insatiable. Depuis, il cisèle des vers comme d’autres sculptent la lumière, et fait de sa poésie un miroir troublé, toujours sincère, jamais complaisant.
Son inspiration ? Elle ne vient ni des musées ni des dogmes. Elle se glisse dans les bruits du monde. Elle gît dans la maladresse d’une passante, l’éclat râpeux d’une sandale sur le gravier, le fumet ancestral du café noir sur le feu, ou encore dans le frisson d’un ciel mouillé qui pleure sur la terre. Rien n’est banal pour qui voit avec l’âme : tout devient prélude, matière, rythme et chair.
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