Lilas Desquiron, ou la mémoire en résistance
J’ai lu d’une seule traite le dernier ouvrage de Lilas Desquiron, Haïti, un pays unique au monde. Il fallait y penser. Il fallait surtout oser.
L’actuelle cheffe de mission à la Délégation permanente de la République d’Haïti auprès de l’UNESCO n’y va pas de main morte : elle déclame, sans détour, les plus belles pages de l’histoire d’Haïti avec une verve qui tranche et une passion qui enflamme. Tout y est — ou presque — en 106 pages finement ouvragées, décorées avec soin, sculptées avec élégance.
Ce n’est pas un simple livre d’histoire, c’est un chant. Un poème épique. Une leçon d’identité à l’usage d’un peuple souvent contraint à l’oubli. Dès les premières lignes, le ton est donné : le récit démarre sur les chapeaux de roue avec l’arrivée des conquistadors espagnols et ce fameux Christophe Colomb, ce « découvreur » que l’on nous a longtemps présenté comme le père des Amériques, mais que l’autrice, avec justesse et ironie, recontextualise dans toute l’ambiguïté de son entreprise coloniale.
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