Huit femmes haïtiennes décorées à Paris
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Le 29 mars à Paris, l’association Grâce Productions a célébré des femmes exceptionnelles pour leur contribution à la société lors d’une cérémonie de remise de prix mémorable. L’ancien Ambassadeur d’Haiti au Chili, Monesty Junior Fanfil, parrain de cette édition, a partagé avec nous les moments forts d'une soirée pleine d’émotions et de célébrations inspirantes.
Dr. Fanfil, vous avez été choisi parrain de la 5e remise de prix de Grâce Productions. Pourquoi vous a-t-on choisi, vous ?
Monesty Junior Fanfil : J’évolue depuis plus d’une trentaine d’années au sein de la communauté. En tant qu’avocat et pasteur, l’Association connaît mon engagement et a décidé de me faire l’honneur de me demander d’être le parrain de cette promotion. Dans les deux cas, mon rôle est de protéger les femmes.
En tant que pasteur, j’ai toujours cru qu’il faut nous déprogrammer du poids hiérarchique de notre héritage culturel, concernant la place des femmes dans notre société. Dans mes sermons, autant que faire se peut, j’ai toujours souligné qu’il ne faut pas se contenter d’offrir un joli bouquet de fleurs le jour de la fête des mères… mais hélas ! Cela ne va souvent guère plus loin. Par ailleurs, j’ai un seul enfant, et il se trouve que c’est une fille — et j’estime avoir beaucoup de chance ! J’ai mon épouse, mais aussi deux sœurs. Je pars donc du principe que la femme, au plein sens du terme, est à la fois différente de l’homme et son égale. Dieu l’a créée parfaite, à son image. Cette soirée est dédiée à l’excellence féminine, et c’est une belle célébration.
Parlez-nous un peu de l’association !
Monesty Junior Fanfil : Il aurait mieux fallu interviewer Mme Mirville Altidor, c’est elle qui a fondé l’association. C’est d’ailleurs une consœur à vous : elle a travaillé à Radio Métropole. J’ai eu l’honneur de la rencontrer il y a un mois pour préparer la 5e édition. C’est la 5e fois que son association honore les femmes.
J’aurai l’occasion de l’interviewer. En attendant, comme c’est sur vous que je suis tombée, autant en profiter. Sur quels critères les huit femmes ont-elles été choisies ?
Monesty Junior Fanfil : Il s’agit de célébrer des femmes hors du commun et de souligner leur impact dans notre société. Comme l’indique le communiqué de presse, il s’agit de « rendre hommage aux visionnaires, pionnières et bâtisseuses qui, par leur leadership et leur passion, contribuent à façonner un avenir meilleur ».
Cette année, huit femmes d’exception ont été honorées pour leur engagement et leurs réalisations. Lors de cette soirée, les lauréates ont été mises en lumière par huit personnes qui ont présenté ce que chacune a apporté dans sa catégorie respective.
Selon les créateurs de ce prix annuel, l’objectif est de valoriser la force, l’intelligence et l’ambition : des qualités essentielles pour inspirer les générations futures.
En un mot, il s’agit d’une initiative portée par une association, à travers son entité appelée FAM – Femmes Actives Modèles – qui célèbre l’excellence féminine. Chaque année, un groupe de femmes est primé.
Au-delà de la remise des prix, cette soirée représente une opportunité unique de promouvoir l’égalité et de soutenir les talents féminins. Grâce Productions invite toutes celles et ceux qui croient en une société plus inclusive à se joindre à son projet d’encourager les femmes à poursuivre leur ascension. Grâce Productions en est aujourd’hui à sa 5ᵉ édition.
Pourquoi un 29 mars et non pas un 8 mars, Journée internationale de la Femme ?
Monesty Junior Fanfil : Beaucoup de gens m'ont posé la question. Le 29 mars 2025 a marqué le 38e anniversaire de la Constitution haïtienne — ou, du moins, de ce qu’il en reste encore ! Les organisateurs de cette soirée souhaitaient rendre hommage à notre charte fondamentale, qui a joué un rôle important dans l’émancipation des femmes. La Loi-mère, très généreuse en matière de droits humains, n’a pas oublié l’importance de la femme dans notre société. Selon le conférencier, qui a retracé l’histoire des constitutions haïtiennes, le texte de 1987 a redonné aux femmes leurs droits.
Dans votre discours, vous avez cité seulement 2 femmes. Pourquoi ?
Monesty Junior Fanfil : J’aurais dû citer les huit femmes, mais malheureusement, je ne les connais pas toutes. Et puis, mon intervention aurait été trop longue, car elles ont toutes des parcours exceptionnels. J’ai donc préféré m’attarder tout particulièrement sur deux d’entre elles. D’ailleurs, je crois avoir fait allusion à vous aussi dans mon discours, puisque vous êtes l’amie de l’une d’elles (rires). Oui, je pensais qu’un petit clin d’œil s’imposait.
Il s’agit de Chantal Guerrier, journaliste au quotidien français Le Figaro, et de Mme Michelle Lafontant-Médard, ancienne conseillère culturelle à l’Ambassade d’Haïti à Paris, que je connais depuis longtemps. Sans le vouloir, elle a joué un rôle important dans ma vie. Beaucoup d’Haïtiens de ma génération ont bénéficié de ses bons et loyaux services durant son passage à l’Ambassade.
J’aurais souhaité que les autres diplomates présents à cette prestigieuse cérémonie prennent exemple sur son engagement, et s’investissent avec plus de conviction au service de la communauté. Madame Lafontant devrait être un modèle pour les jeunes. D’ailleurs, l’une des huit femmes récipiendaires de cette soirée, Madame Maryse Saint-Pierre Cyprien, est elle-même diplomate.
Pour conclure sur Mme Lafontant, je peux même dire qu’elle a contribué à ma décision de poursuivre des études en droit des relations internationales et en diplomatie. J’étais déjà diplômé en droit et en économie quand j’ai entrepris ce nouveau parcours.
Quelles personnalités ont été célébrées au cours des 4 premières années ?
Monesty Junior Fanfil : Grace Production a honoré de nombreuses personnalités de la communauté haïtienne, en France comme ailleurs. Je peux citer, par exemple, Madame Anne Louise Mesadieu, l'une des plus anciennes élues de la communauté ; une ancienne sénatrice haïtienne de Floride ; ou encore Dre Dayana P. Durocher, qui évolue également aux États-Unis d’Amérique.
On parlait de la présence de la Ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, Mme Mme J.E Kathia Verdier. Elle y était ?
Monesty Junior Fanfil : Non ! Je suppose qu’au vu de la situation sécuritaire en Haïti, elle n’a pas pu faire le déplacement. C’est dommage, car elle porte une double casquette : c’est une femme inspirante et elle représente les Haïtiens de la diaspora. Sa présence aurait vraiment été un plus. Mais bon…
Qu’est-ce que Grâce Productions prévoit pour l’an prochain ?
Monesty Junior Fanfil : Je ne suis pas dans le secret des dieux. Cela dit, au regard de ses objectifs, cette association honorera, sans l’ombre d’un doute, d’autres femmes haïtiennes pour leur contribution à la communauté. Elles sont nombreuses, vous savez : les « visionnaires », les « pionnières » et les « bâtisseuses » !
Merci monsieur l’Ambassadeur pour cet entretien !
(Propos recueillis par Huguette Hérard
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