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Aterson-N Sainval dit Dade : une poésie en résistance

Aterson-N Sainval dit Dade : une poésie en résistance

Au cœur des rues brûlantes de Port-au-Prince, là où les rires et les confidences se mêlaient jadis aux verres partagés, Aterson-N Sainval, poète-journaliste, inscrit sa voix dans la mémoire d’Haïti. Avec Je t’écris avec la nuit dans mes mains, il nous livre une poésie de combat, un cri d’amour et de révolte qui refuse de se taire. Ses vers, empreints d’une urgence viscérale, transpercent le silence pour dire la douleur et la résilience d’un pays oscillant entre agonie et espoir.

Sainval n’écrit pas pour séduire, mais pour survivre. Il taille ses mots dans la chair du réel, explorant les plaies béantes de son île natale. Dans La Révolution, il évoque la révolte comme un « spasme violent » qui « brûle les certitudes ». Il décrit un Haïti étranglé par l’insécurité, où les « torrents de déchets » engloutissent les rues (Haïti se débat). Son regard, acéré et poétique, rappelle celui d’Aimé Césaire dans Cahier d’un retour au pays natal, mêlant engagement politique et lyrisme incandescent.

Mais la voix du poète ne se limite pas à l’indignation. Elle sait aussi murmurer, aimer et se confesser. « Je t’aime encore, même si je suis fait de mensonges », écrit-il, révélant une vulnérabilité touchante, où l’amour et la trahison s’entrelacent. Il se peint en « cage » retenant un « oiseau blessé », métaphore d’une relation tiraillée entre attachement et perte. À travers ces fragments d’intimité, le « je » du poète devient un « nous », un miroir des blessures et des espoirs de tout un peuple.

Sainval est un poète de la rue, du bitume et des bars où la parole se libère. Il arpente la ville comme on scrute une plaie, capturant les voix oubliées, les rêves brisés et les promesses trahies. Dans ses vers, Haïti n’est pas qu’un décor ; elle est une présence vivante, un corps qui saigne et qui se bat. Il en fait le théâtre de luttes invisibles, où chaque pas est un défi, chaque souffle une résistance.

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