Première édition de l’exposition annuelle intitulé « Sans titre » par le Centre d’Études et de recherches en Arts Visuels et du Spectacle (CERAVS)
Le lundi 30 septembre 2024, le Centre d’Études et de Recherches en Arts Visuels et du Spectacle (CERAVS), présidé par l’historien d’art Sterlin Ulysse, a profité de lancer la première édition de l’exposition « Sans titre », à l’occasion d’un événement de clôture de ses activités annuelles au local du Centre à Thomassin 48, avec l’animation du groupe twoubadou Rapadou. Cette exposition, en plus de permettre au public de contempler les œuvres des artistes dits contemporains qui occupent les cimaises du Centre, a mis en perspective les nouvelles créations de six (7) artistes : Marion Benjamin, Celeur Jean Hérard, Jacques Frantz (Guyodo), Rose Margarette Milcé Bien-Aimé, Vanessa Saint-Val, Shneider Hillaire, David Thébaud et Grégory Vorbe. Contrairement à l’exposition « Expressions Tourmentées » qui expose des œuvres sans tenir compte des dates de leur création, « Sans titre » concerne uniquement la toute dernière création des artistes. Mais comme « Expressions Tourmentées », « Sans titre » n’hésite pas à faire dialoguer les œuvres des artistes confirmés et celles des artistes émergents qui exposent parfois pour la première fois. Sans être un parti pris, pour la première édition de cette exposition la peinture a été à l’honneur, avec des thématiques qui explorent trois univers : l’actualité, la spiritualité et l’imaginaire populaire. En dépit de l’insécurité et les difficultés de la circulation, le public a répondu en grand nombre.
Les dernières créations de Mario Benjamin nous montrent encore toute la virtualité du portrait. En se faisant le plus abstrait possible, celui-ci dépasse l’aspect psychologique et individuel ou social pour s’attaquer à la sociologique et la politique en substituant le mouvement, la couleur aux traits du visage. Son œuvre intitulée « Bwa Kale » nous met en évidence une instance chaotique, incompréhensive, où les lignes obliques, horizontales ou verticales s’entrecroisent dans un noir profond d’où gicle de part et d’autre le rouge qui se transforme des coulées sans fin et sans direction. C’est là une manière de s’interroger sur la voie empruntée par la société et la confusion que cela engendre.
Quant à Celeur Jean Hérard, son langage est plus direct : les corps nus s’entassent, se tordent les membres brisés, fragmentés baignent dans une atmosphère où la nature semble absente, un lieu où le temps et l’espace paraissent une seule et même chose, un milieu hostile mené par les armes à feu, le sexe-roi et la violence de toute sorte. En outre, plus d’une dizaine de toiles de Celeur parodient la déclaration de campagne de Donald Trump voulant que des Haïtiens fraichement arrivés aux Etats-Unis via le programme humanitaire dit Biden, se nourrissent des chiens et des chats des habitants de Springfield. Dans plusieurs de ces toiles, Celeur n’hésite pas à s’inspirer l’esthétique cubiste dans la superposition des corps des chiens et des chats pour créer des êtres hybrides (chiens et chats s’entremêlent), violents, parfois en pleine transformation. Ces œuvres dénoncent, accusent et prennent position face à une réalité qui indescriptible, telle l’hybridité et l’éternelle transformations des êtres représentés.
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