Beethova Obas, une belle lampe dans l’obscurité d’Haïti !
L’art est une main tendue dans l’obscurité, disait Franz Kafka. L’art de Beethova Obas, il le met effectivement au service d’Haïti, notamment des masses urbaines et rurales. Issu d’une lignée d’artistes dont les œuvres font et continuent de faire tache d’huile dans la mémoire collective pour leur engagement et qualité, il s’attelle, depuis 35 ans, à explorer des réalités nationales à travers ses écrits. Son art, critique, se veut revendicatif. Beethov, comme le surnomment affectueusement certaines gens, est comme une lampe de chevet à utiliser dans les ténèbres qui planent sur le pays, et ce, depuis un bon bout de temps.
Semeur d’espoir et amoureux d’Haïti comme pas permis, Beethova Obas produit une musique non orpheline de la réalité sociopolitique du pays. Ses textes dénoncent la douleur à laquelle est en proie le petit peuple, exploité à outrance. Il s’en prend également à l’indifférence de certains pays dont les États-Unis à l’égard d’Haïti. « Poutan m ka ri sa wi la. God la bless America. A de pa la a, tout ti nasyon yo byen blese. Poutan m ka ri sa wi la. Wi God la bless America. A de pa la a, tout ti nasyon yo byen blese », extrait de « kite m ri », gravé sur l’album si ( 1994). Ce morceau entend souligner un contraste dans l’Amérique moderne, celui de l’inégalité au sein des nations.
Né en 1964, Beethova a vécu au temps de la dynastie des Duvalier, François et Jean-Claude, dictateurs patentés. Ce régime sanguinaire lui a malheureusement privé, de très tôt, de son père, le peintre Charles Obas, assassiné en 1969, après une rencontre au palais national au cours de laquelle il a exprimé son désaccord au gouvernement. C’est donc un Beethov, témoin d’horreurs, dès son enfance jusqu’à la chute de ce pouvoir totalitaire en 1986. D’ailleurs, il en est beaucoup inspiré pour faire sa musique. On le considère comme l’un des plus doués et respectés des compositeurs du pays.
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