PRÉFACE
La motivation - Clé dans l’apprentissage des langues: une épiphanie didactique
J’ai accueilli avec beaucoup de plaisir cet opus enthousiasmant du professeur Fred Williams. Depuis la réception et la lecture, mon parcours délirant de ce prodigieux texte a renforcé mon admiration pour l’auteur. Il m’a rappelé le souvenir fidèle des premières minutes fiévreuses que j’avais éprouvées dans le passé au seuil d’autres chefs d’œuvre d’écrivains d’Haïti. C’est que, mon pays n’est qu’une petite île émergée de l’ordre colonial et mondial de 1492, qui a illustré une vocation d’universalité et d’éternité dès le début du 19e siècle en prenant la parole au nom de tous les sans voix du monde. Après tout, la libération et l’hominisation des uns devraient pouvoir entraîner ou faciliter celles des autres. Cette idée a pris naissance en moi et s’est élaborée une fois que j’ai pris conscience que je lisais, analysais et évaluais un texte produit par un seul homme; un brillant chercheur qui voulait éclairer notre immense collectivité d’enseignants et d’apprenants en partageant ses profondes réflexions avec nous. Un exemple plus que parfait d’un individu qui travaille pour le progrès et le bonheur de la collectivité. Je suis heureux d’appartenir à cette communauté d’hommes et de femmes qui s’élèvent contre la finalité des découvertes et recherches ou mieux, contre l’imposition d’une ligne frontière ou de point terminal d’aboutissement qu’on ne devrait pas dépasser dans le domaine de la science. Les paradigmes, schèmes de pensée et même notre vision du monde changent dans le temps avec l’évolution des connaissances.
Les sujets ou les matières ne manquent jamais de rajeunir et de se renouveler avec le temps, par l’émergence et la contribution de nouveaux fils prodigues, de véritables héros de la pensée et de l’écriture. Je crois que le professeur Williams s’inscrit aussi dans la même perspective de progrès continu dans le domaine scientifique. Nous nourrissons et partageons sans aucun doute beaucoup de rêves et d’espoir de pouvoir découvrir des gestes impressionnantes et des textes fédérateurs, illustratifs d’avancées et de progrès sensible et vérifiable dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement. Il est des ouvrages dont la capacité de l’auteur, le contenu du texte et la lisibilité étonnent. J’ai rarement vu autant de choses merveilleuses et utiles entre la première et la dernière page d’un livre qui nous impose de rêver et de réfléchir à la fois. Comment peut-on traiter en 200 pages et avec tant de sagacité d’innombrables dossiers qui regorgent d’aspects didactiques? Comment pourrait-on scruter avec facilité cette somme théorique, si l’auteur n’avait pas atteint cette maîtrise et surtout cette simplicité encourageante du langage? Comment pourrait-on maintenir et suivre le fil d’Ariane avec tant d’efficacité même par des apprenants débutants engagés dans des forêts de symboles et de concepts particulièrement complexes, si l’auteur n’avait pris de pertinentes précautions? Il est un aspect indéniable qu’on ne peut ignorer. C’est certain qu’on ne peut invisibiliser l’immensité du thème de la motivation en éducation ou dans l’enseignement, son historicité, sa versatilité, la multiplicité des contextes et des concepts qui sont attachés à sa description et à son emploi séculaire dans des milieux de complète dissimilitude. Il n’est pas facile d’épargner l’épuisement du lecteur à travers l’emploi ininterrompu et voire abusif de thèmes, de termes, de métaphores, d’analogies, d’oxymores et d’autres bizarreries sonores et inédites. Vouloir épuiser le sujet qui se divise et se subdivise à l’infini - comme des mosaïques, des parcelles et des pièces éparses d’un énorme puzzle - ne se révèle pas une quête réalisable, ni même souhaitable. Toute tentative de ce genre risquerait de produire l’effet contraire. On parviendrait plutôt par cette démarche quantitative outrée, à affaiblir ou détourner l’intérêt du lecteur ou de l’apprenant, sinon pire, à sa complète démotivation.
Ainsi, par un curieux paradoxe, on travaillerait à décourager ceux à qui seraient destinées toutes ces bonnes pages conceptualisées et rédigées pendant le jour et la nuit. La lecture des chapitres du professeur Fred Williams sur la psychologie de la motivation se révèle fascinante. Jamais l’ordre de la communauté scientifique n’a été autant divisé et fracturé dans un domaine, ni le niveau d’opposition des thèses à avoir été aussi élevé. Cependant, Il a pu, et au seuil de son étude, relever à travers toute cette divergence de points de vue et de multiplicité d’approches en psychologie de l’éducation, un ancrage manifeste de toutes les tendances. C’est la reconnaissance de la place de l’homme, comme point focal et central du monde, lové au cœur des défis qu’il doit relever. En agissant par un irréductible esprit de dépassement, il parvient à faire des choix d’importance afin de pouvoir améliorer sa condition sur la terre. Ces débats n’auraient pu manquer d’inclure la dualité de l’homme comme concept originel et fondamental. Presque toutes les religions du monde exigeaient et exigent encore de discerner le bien du mal. La félicité pour avoir fait le bien et la damnation pour avoir fait le mal entraînaient d’irréversibles conséquences: une durée d’éternité. Les idées de Socrate, la théorie « appétitive » d’Aristote, la théorie de l’âme de Platon, et celle de Saint Thomas d’Aquin - qui attribuait à toute action humaine une finalité de richesse, de pouvoir, et d’honneur - décrivaient le monde et les hommes par le prisme de la vertu. Une combinatoire d’empirisme et d’idéalisme peu scientifique et subjective en comparaison aux autres penseurs qui devaient leur succéder. René Descartes (1596-1650) et Thomas Hobbes (1588-1679) se sont révélés plus modernes en philosophie que leurs prédécesseurs. Si le premier a prôné une théorie mécaniste pour expliquer le comportement humain, le deuxième a aussi développé une doctrine du comportement humain motivé par les instincts naturels, mais qui rejetait pourtant le libre arbitre. Toute action humaine selon lui ne trouvait sa justification que dans la concrétisation d’un désir ou l'épanchement d’une soif. Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716) et Arthur Schopenhauer (1788-1860) ont fait les premiers pas de la philosophie allemande dans la psychologie de la motivation.
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