Ikenson Edumé sort un guide pratique du droit commercial
« Manuel et pratique du droit des affaires en Haïti » (tome I) paru aux éditions Mutations Contemporaines d’Ikenson Edumé est un ouvrage d'une densité telle que le lecteur doit progresser avec précaution, avançant à pas feutrés pour éviter de se perdre parmi les chapitres abondants, sous peine de ne point saisir l'essence même de l'œuvre.
Ce précis de droit commercial, voilà le genre d’ouvrages dont les responsables auraient besoin dans la mesure où les affaires – donc l’économie - est à la base de tout et que notre pays a diablement besoin d’avancer. Ancien juge et syndicaliste, Ikenson Edumé présente un livre volontiers pédagogique et réservé aux spécialistes du droit. Pour le commun des mortels, plus de trois cents pages et plus de sept chapitres pourraient lui paraître trop ardus et en pareil cas, il pourra se rabattre sur la brève préface de l’économiste Thomas Lalime, qui plante le décor. Il parcourra ensuite le prologue rédigé par l’économiste vedette des réseaux sociaux et potentiel candidat à la présidence de la République d’Haïti, Etzer Emile, ainsi que les propos de Jacques Nezi sur l’auteur. Dans la foulée, il ne doit pas oublier la flamboyante postface de Patrice Dorenoncourt.
Mais ceux qui sont intéressés à faire des affaires dans un pays gangrené par toutes sortes de problèmes, dont la corruption, doivent impérativement se procurer cet ouvrage. Et aussi les étudiants en droit des affaires, car l’ouvrage comprend un aspect didactique non négligeable, notamment lorsque l’auteur établit un distinguo entre le droit commercial et celui des affaires. Pour un pays qui se meurt, il est réjouissant de voir des travaux aussi méticuleux sur un sujet qui doit préoccuper au plus haut point tout dirigeant sérieux.
Dans une société où les conflits de toutes sortes sont monnaie courante, un tel livre vaut son pesant d’or. En cinq phrases, l’auteur explique l’origine de la nécessité de résoudre les différends. « Pour cerner le droit des affaires, il est nécessaire et même impératif de tenir compte de son évolution au cours des différentes périodes de l'histoire, bien que peu d'ouvrages en parlent. Car aussi longtemps qu'une personne est seule dans un endroit donné, aucune règle de conduite n'est nécessaire. Mais à partir du moment où une deuxième personne entre en scène, on doit établir des règles; et plus il y a de personnes, plus nombreuses et plus précises seront les règles. Enfin, si les personnes ne s'entendent pas sur l'interprétation des règles qu'elles ont établies, elles les modifient ou demanderont à une tierce personne, un juge ou un autre de trancher le litige. Cette démarche est la base même de tout système juridique. »
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